jeudi 16 juin 2016

Deux-Sèvres Le Medef 79 accompagne les patrons en difficulté

Deux-Sèvres - Économie
Le Medef 79 accompagne les patrons en difficulté
13/06/2016 lanouvellerepublique.fr

Xavier Migeot anime la cellule de soutien créée par le Medef 79 en 2008, avec Pierre Lainé et Laurence Jouve. Sur le département, plusieurs dispositifs sont déployés.
En difficulté, certains patrons pensent au pire. Une nouvelle cellule d’aide liant tribunaux et psychologues devrait voir le jour.
Les affaires ne tournent plus. Le gouffre financier s'installe, et le banquier arrive aux trousses de l'entrepreneur. Sous le poids du stress, de l'humeur exécrable, la famille se fragilise, se disloque parfois. Et l'isolement devient une véritable souffrance. Ce cercle infernal auquel n'échappent pas certains patrons de TPE et PME, aussi appelé règle des trois « D » – dépôt de bilan, divorce, dépression –, a longtemps été tu. « Car un patron, ça ne chiale pas », entend-on souvent.

Mais au moment de monter les marches du tribunal, la sauvegarde ou la liquidation d'une entreprise sonne le glas dans l'esprit de certains patrons. Le suicide devient la seule issue envisagée. Et cette souffrance éclate souvent dans les tribunaux. Juges, greffiers en sont témoins, démunis devant des crises d'angoisse, de pleurs.

A l'écoute des initiatives charentaises, Thierry Fouet, coordinateur du dispositif départemental de prévention du suicide, veut dupliquer en Deux-Sèvres un dispositif déployé ailleurs et né à Saintes. Au cœur d'une cellule psychologique, Apesa (aide psychologique aux entrepreneurs en souffrance aiguë), le monde de la santé et celui de la justice s'allient.

Le " Aller vers ", une démarche appréciée

Comment ? A l'annonce d'une décision difficile, greffiers ou collaborateurs pourront alerter une plateforme s'ils estiment que le patron est à bout. Et avec son accord. En moins de 12 heures, une psychologue interviendra par téléphone pour mettre des mots sur les maux. Avant de passer le relais pour cinq séances gratuites à l'un des « 20 psychologues engagés sur le département ».

La démarche inversée est la clé du succès. « On n'hésitera pas à aller au domicile de l'entrepreneur s'il le faut. » Et même au pied des champs des agriculteurs.

L'autre point fort de ce dispositif réside dans la formation du personnel des tribunaux de commerce et de grande instance à la détection du suicide. Et à la séparation entre l'entreprise et l'identité de son chef. On n'entendra plus « des petites phrases incongrues », raconte un juge charentais, comme ce maladroit « Monsieur, on vous liquide dans 15 jours».

Ce dispositif, dont la mise en route est espérée, selon Thierry Fouet, « pour la rentrée de septembre 2016 », ne viendra-t-il pas en doublon à d'autres cellules déjà déployées sur le département ? Le cadre de santé y voit justement « une simplification » dans le panel de prévention qui « n'empêchera pas les partenaires (MSA, chambres consulaires, RSI, etc.) d'avoir leurs propres outils ».

Xavier Migeot, délégué général du Medef, pose le même regard sur cette cellule Apesa. « Nous avons notre propre cellule depuis 2008, qui réagit au coup par coup sur l'accompagnement technique, avec des experts en droit du travail, analyse financière, etc. », explique-t-il. Il y a bien un accompagnement humain, mais pas psychologique. « Les membres de la cellule sont des chefs d'entreprise qui ont connu, dans les deux années précédentes, des difficultés », poursuit-il. C'est sûr, la main tendue par un pair bien avant que l'épée de Damoclès ne soit au-dessus de la tête du patron, continuera d'être serrée.

Justice humaine

Les petits patrons sont des conquérants. Invincibles. C'est l'image qui leur colle à la peau, mais la réalité est autre. Quand les destins se trouvent brisés en un rien de temps au tribunal, « long couloir de la mort », beaucoup s'effondrent. Las d'être impuissants, les tribu- naux des Deux-Sèvres vont emboîter le pas aux précurseurs d'Apesa en déployant la cellule d'aide psychologique. Cette main tendue dévoile un visage humain de la justice, où le rebond prime sur l'échec. La figure du chef se détache de l'entreprise pour que sa dignité lui revienne.

le chiffre
350
C'est le nombre de personnes qui auraient été suivies depuis le lancement du dispositif Apesa (aide psychologique aux entrepreneurs en souffrance aiguë), il y a trois ans, à Saintes. Un chiffre prometteur puisque Apesa se déploie nationalement depuis un an. On compte 12 tribunaux conquis et 20 autres sur le front.

réaction
Éric Genre, responsable adjoint de l'action sociale à la Mutualité Sociale Agricole du département, fait partie des partenaires du dispositif Apesa, en cours de déploiement sur le département. Il se réjouit de « cette action partenariale » : « Selon moi, il y a un véritable besoin sur le département de développer cette cellule en associant plusieurs partenaires. Cela permettra de limiter les intermédiaires en cas de risque suicidaire pour aller au plus vite mais aussi, être mieux identifiés. Juges greffiers, avocats, tout le monde aura connaissance du dispositif et pourra l'activer rapidement. »
Mathilde Leclerc
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