vendredi 20 mai 2016

ETUDE RECHERCHE La sémiologie du suicide au xxi e siècle

La sémiologie du suicide au xxi e siècle
Philippe Courtet a, b, c, d, , , Jorge Lopez Castroman b, c, d, e, Émilie Olié a, b, c, d
a Département d’urgences et post-urgences psychiatriques, CHU de Montpellier, 34295 Montpellier, France
b Inserm U1061, 34093 Montpellier, France
c Université de Montpellier, 34090 Montpellier, France
d Fondation FondaMental, 94000 Créteil, France
e Service de psychiatrie, CHRU de Nîmes, 30189 Nîmes, FranceAuteur correspondant. CHU Lapeyronnie, 191, avenue du Doyen-Giraud, 34000 Montpellier, France.
Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique
Available online 13 May 2016In Press, Corrected Proof Available online 13 May 2016

Résumé
L’épidémiologie, les facteurs de risque et la base biologique de comportements suicidaires ont été l’objet d’une recherche croissante au cours des trois dernières décennies. Pendant cette période, les chercheurs du monde entier ont identifié des biomarqueurs potentiels de risque et développé plusieurs théories sur les mécanismes conduisant à un comportement suicidaire. Cependant, l’absence d’une terminologie commune, d’instruments valides et de coopération plus intensive a été un obstacle au progrès. Aujourd’hui, la communauté a établi les bases de cette collaboration, et des données provenant d’études neuroscientifiques peuvent déjà être appliquées au domaine de la suicidologie. Nous présentons ici une sémiologie basée sur les données actuelles provenant des études biologiques, cliniques et de neuroimagerie. Au-delà de l’idéation et des signes et de menace suicidaires, les caractéristiques cliniques liées au risque de suicide et révélées par des études neuroscientifiques comprennent : l’impulsivité agressive, le désespoir, des signes « silencieux » comme la consommation élevée d’Internet, les comportements sédentaires et le temps de sommeil réduit, la sensibilité accrue à l’exclusion sociale, la diminution de la sensibilité pour détecter le soutien social, les problèmes interpersonnels liés aux déficits de prise de décision, les difficultés à réguler les états émotionnels négatifs, la propension à percevoir la douleur psychique et physique et également la consommation de traitements opiacés. Améliorer l’évaluation permettra également de proposer de nouvelles cibles pour la prévention du suicide. Les protocoles standardisés d’évaluation, la continuité des soins, l’implication de la famille/aidants, l’atténuation de la douleur psychologique et sociale : à court terme, ces objectifs nous attendent pour le bien de nos patients.

Mots clés Neurosciences;  Processus suicidaire;  Sémiologie; Suicide;  Tentative de suicide; Vulnérabilité
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0003448716300300

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