jeudi 28 avril 2016

Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail et Rapport

Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail
28/04/2016 inrs.fr

Le stress au travail : un défi collectif
Lancé à l’initiative de l’Organisation internationale du travail et célébré le 28 avril, cet événement a pour ambition de promouvoir la prévention des accidents et maladies professionnels dans le monde entier. Cette 13ème édition met en lumière le défi collectif que représente le stress au travail.
En quelques années, le monde du travail a connu des évolutions rapides qui ont favorisé l’émergence des risques psychosociaux. Parmi eux, le stress au travail s’est imposé comme un risque particulièrement préoccupant.
Si l’ampleur du phénomène et ses conséquences ne sont plus à démontrer, le stress n’est pourtant pas une fatalité. Des solutions existent pour prévenir efficacement et durablement ce risque professionnel. Voici quelques clés pour mieux comprendre et mieux agir contre le stress au travail.
Les sources de stress
Dans la sphère professionnelle, on parle de stress lorsqu’une personne ressent un déséquilibre entre les tâches qu’elle doit effectuer et les ressources dont elle dispose pour répondre à ces demandes.
Les travailleurs peuvent être exposés à de nombreux facteurs de stress qui peuvent être liés à l’intensité du travail (surcharge, pression temporelle), à l’existence de tensions avec les clients ou les usagers, au manque d’autonomie ou de reconnaissance…
Certaines exigences de rentabilité obligent aussi parfois les salariés à effectuer des tâches qu’ils désapprouvent ou à effectuer un travail de faible qualité, mettant ainsi leurs valeurs, notamment éthiques, en porte à faux.
Le contexte actuel, marqué par la crise économique mais également par des évolutions technologiques fréquentes, induit aussi des peurs liées à la perte d’emploi ou à l’incertitude sur l’avenir de son métier.
Des effets sur la santé des salariés, des conséquences sur la vitalité des entreprises
Pour les salariés victimes, la souffrance est réelle. Ses impacts sur la santé des individus sont en effet nombreux et multiples : hypertension, maladies cardiovasculaires, troubles musculosquelettiques, anxiété, dépression pouvant évoluer vers des tendances suicidaires…
Les entreprises sont elles aussi directement affectées par les conséquences négatives du stress : turnover, absentéisme, perte de qualité de la production, démotivation… Le phénomène n'épargne aucun secteur d'activité. Selon une étude réalisée en 2007, le coût social du stress en France atteindrait a minima 2 milliards d’euros par an. Cette estimation se situe très vraisemblablement bien en deçà du coût réel.

Chiffres clés
En France, 56 % des salariés déclarent devoir interrompre une tâche pour en faire une autre non prévue. Pour 44 % d’entre eux cela perturbe leur travail
36 % disent ne pas pouvoir faire varier les délais fixés pour réaliser leur travail
22 % des salariés signalent subir des comportements hostiles ou ressentis comme tels sur leur lieu de travail.
(Source enquête SUMER 2010).

Prévenir durablement le stress : une démarche collective
La prévention se heurte encore à certaines difficultés. La principale tient à la persistance d’idées reçues qui tendent à réduire ces risques à des problèmes de fragilité voire d’inadaptation individuelle.
Si on l’aborde sous cet angle trop réducteur, la prévention se limite alors à la gestion individuelle du stress. Cette approche peut atténuer temporairement les "symptômes" du malaise mais n'en traitera pas les causes profondes...
Prévenir durablement le stress nécessite la mise en place d’une démarche collective associant chef d'entreprise, représentants des salariés, et acteurs de la prévention. Cela implique surtout une réflexion profonde sur l'organisation du travail.
Beaucoup d'entreprises hésitent encore à s'engager dans cette démarche qu'elles estiment trop longue et complexe. Elles peuvent pourtant bénéficier aujourd’hui de l’accompagnement d’acteurs formés à la prévention des risques psychosociaux (Carsat/ Cram/CGSS, services de santé au travail, Aract…).
De nombreux outils pratiques ont également été développés, notamment par l’INRS, pour faciliter la démarche de prévention et guider les entreprises dans sa mise en œuvre. (lien vers ED 6011 – Stress au travail, les étapes d’une démarche de prévention).
Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail
A l’occasion de la journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, l’OIT publie un rapport qui met l'accent sur les tendances mondiales actuelles concernant le stress au travail et son impact.
Pour en savoir plus : http://www.ilo.org/safework/events/safeday/lang--fr/index.htm présentation ci dessous

* http://www.inrs.fr/actualites/journee-mondiale-securite-sante-travail-2016.html

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Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail sur ilo.org

Cette année, le thème de la campagne de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail est «Le stress au travail: un défi collectif». Le rapport mettra l'accent sur les tendances mondiales actuelles sur le stress au travail et son impact.
Aujourd'hui, de nombreux travailleurs ressentent une forte pression pour répondre aux exigences de la vie professionnelle moderne. Les risques psychosociaux comme la concurrence accrue, les attentes plus élevées sur les performances et de longues heures de travail contribuent à ce que le lieu de travail devienne un environnement toujours plus stressant. Avec le rythme de travail dicté par des communications instantanées et des niveaux élevés de concurrence mondiale, les lignes de séparation entre le travail et la vie privée sont de plus en plus difficiles à identifier. En outre, avec les changements importants dans les relations de travail et la récession économique actuelle, les travailleurs sont confrontés à des changements organisationnels et des restructurations, au manque d’opportunités, à du travail de plus en plus précaire, à la peur de perdre leur emploi, à des licenciements massifs, au chômage et à la diminution de la stabilité financière, avec de graves conséquences pour leur santé mentale et leur bien-être.
Au cours des dernières années, l'impact des risques psychosociaux et du stress lié au travail a reçu plus d’attention parmi les chercheurs, les spécialistes et les décideurs politiques. Le stress lié au travail est désormais généralement reconnu comme un problème mondial affectant tous les pays, toutes les professions et tous les travailleurs tant dans les pays développés qu’en développement. Dans ce contexte complexe, le lieu de travail est une source importante de risques psychosociaux et, en même temps, le lieu idéal pour y faire face afin de protéger la santé et le bien-être des travailleurs.
OIT info:" L'ergonomie en Chine: Combattre le stress au travail"
Rapport sur «Le stress au travail: un défi collectif»
Affiche
Présentation sur «Le stress au travail: un défi collectif»

Extraits " du rapport "Selon l’OMS, plus de 800 000 personnes meurent chaque année en se suicidant. 82 Plus de septante-cinq pour cent des décès par suicide surviennent dans les pays à revenu faible ou intermédiaire et concernent essentiellement des personnes en âge de travailler. Les comportements suicidaires sont associés à  des symptômes de dépression. Le lien entre suicide et troubles mentaux (dépression et troubles associés à l’abus de substances psychoactives, en particulier) est clairement établi. 83 Il est fréquent  que plusieurs facteurs de risques se cumulent pour accentuer  la vulnérabilité d’une  personne aux comportements suicidaires,  notamment au niveau individuel (antécédents de tentatives de  suicide, troubles mentaux, usage nocif d’alcool ou de drogues,  perte financière, douleur chronique et antécédents familiaux de suicide).84 Cependant, des risques psychosociaux associés à des crises juridiques, à la discrimination, à l’isolement, à des relations conflictuelles, à des abus physiques ou psychologiques, à des  problèmes scolaires ou liés au travail peuvent aussi susciter des intentions suicidaires. "

" Même si l’on accorde une attention croissante aux suicides liés au travail depuis quelques années, leur proportion par rapport au nombre total de suicides reste mal connue, faute de données suffisantes concernant l’origine des suicides declarés. Cependant, les données disponibles sont alarmantes. Plusieurs études se sont intéressées aux caractéristiques de l’emploi et au risque de décès par suicide chez les travailleurs, mettant en évidence la relation avec l’exposition aux risques psychosociaux suivants liés au travail: problèmes financiers (dont le chômage), conflits (y compris la persécution collective, l’intimidation et le harcèlement), faible contrôle ou faible latitude décisionnelle, faible soutien social, exigences psychologiques fortes, et longues heures de travail. 104 Ainsi, une étude australienne a observé que dix-sept pour cent des
suicides survenus dans la province de Victoria entre 2000 et 2007 étaient liés au travail. 105 Selon les statistiques de santé publique thaïlandaises, en 2007, le taux de suicide chez les personnes en âge de travailler était de sept pour 100 000, soit plus que le taux national global (5,95) 106 . Par ailleurs, toujours en 2007, l’ABAC  (Assumption Business Administration College) a réalisé une  enquête soutenue par la Fondation thaïlandaise pour la promotion de la santé. Cette étude a établi que les niveaux de stress avaient
augmenté et que près de dix pour cent des travailleurs thaïlandais  (des travailleurs non qualifiés aux travailleurs de bureau) avaient envisagé le suicide en raison d’une mauvaise qualité de vie. Elle a constaté que la santé mentale des travailleurs employés à la journée était moins bonne que celle d’autres groupes de travailleurs, peut-être à cause de l’insécurité de l’emploi et du caractère aléatoire des revenus."

" Les chiffres des demandes d’indemnisation de travailleurs (dans les pays qui reconnaissent l’origine professionnelle du suicide) peuvent donner des indications sur l’incidence du suicide lié au travail. Au Japon, par exemple, le suicide lié au travail (karojisatsu: suicide dû au surmenage et à des conditions de travail stressantes)  est devenu un problème de société reconnu par le régime d’indemnisation des accidents du travail depuis la seconde moitié des années 1980. Il est associé aux longues heures de travail, aux lourdes charges de travail, au manque de contrôle sur le travail, aux tâches routinières et répétitives, aux conflits interpersonnels, aux récompenses inadéquates, à l’insécurité de l’emploi et aux problèmes organisationnels. XIV Selon le ministère japonais de la  Santé, du Travail et des Affaires sociales, les cas de karojisatsu
augmentent au Japon. En l’espace de 14 années, entre 1997 et 2011, ceux qui ont donné lieu à indemnisation sont passés de 2 à 66. 108 De plus, le livre blanc sur la prévention du suicide au Japon (2012) affirme que les problèmes liés au travail sont à l’origine de  sept virgule six à douze virgule trois pour cent des suicides chez les hommes de 20 à 59 ans (des chiffres plus de deux fois plus élevés que pour les Japonaises). 109 En outre, en 2013, le suicide  était la cause de la moitié des décès des vingtenaires, motivé dans près de quarante pour cent des cas par une dépression et une détresse liées au travail, selon l’édition 2014 du Health, Labour and Welfare Report for the Realization of a Society of Health and Longevity du ministère japonais de la Santé, du Travail  et des Affaires sociales. 110 En République de Corée, 23 suicides liés au travail ont été indemnisés entre 1999 et 2004, 111 tandis  qu’en France, pour la période 2010-2011, 149 demandes ont été  déposées, dont 43 reconnues et indemnisées. 112 La crise économique et la récession s’accompagnent d’une hausse des taux de suicide. Une étude publiée en 2009 consacrée aux effets des crises économiques sur la santé publique s’est intéressée aux associations entre les changements en matière d’emploi et la mortalité dans 26 pays de l’UE, entre 1970 et 2007. Elle a établi que pour chaque hausse d’un point du taux de chômage, le taux de suicide augmentait de zéro virgule soixante-dix-neuf pour cent chez les moins de 65 ans. En outre, une hausse du taux de chômage de plus de trois pour cent est associée à une augmentation plus forte des suicides chez les moins de 65 ans (quatre virgule quarante-cinq pour cent) et des décès liés à l’abus d’alcool (vingt-huit pour cent). 113  107"
Le rapport http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/---ed_protect/---protrav/---safework/documents/publication/wcms_466548.pdf

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