lundi 1 février 2016

ETUDE RECHERCHE LIMOUSIN : l'état de santé des médecins

Limousin 
En Limousin, un médecin sur 6 aurait déjà pensé au suicide
01/02/16 sur lepopulaire.fr*

Une enquête préoccupante, menée sur l'état de santé des médecins du Limousin, est publiée ce jour par la conférence régionale de la santé et de l'autonomie. Elle révèle un profond mal-être chez ces professionnels qu'ils soient libéraux ou salariés, généralistes ou spécialistes : lepopulaire.fr vous en dévoile une partie des résultats. Parmi les plus marquants : un praticien sur dix présenterait tous les signes d'un état de burn-out complet.

Des nantis jamais malades les médecins ? Une étude menée fin 2014 en Limousin et diffusée ce lundi 1er février a pris le pouls de la profession : sur 2.356 praticiens en exercice, 1.029 (44 %) ont répondu à un questionnaire sur leur état de santé. Et le diagnostic n'est pas bon.

Si au niveau national, plusieurs enquêtes avaient déjà démontré la réalité de la souffrance des soignants, elles se limitaient souvent à une catégorie (les libéraux, par exemple, en Île-de-France, en 2007 ; les généralistes sur cinq régions en 2008) ou à un établissement. Par l'importance de l'effectif, la diversité des profils et les réponses posées, les chiffres récoltés dans la région interpellent parce qu'ils interrogent par ricochet sur la qualité des soins délivrés aux patients. Voici quelques tendances.

Un médecin limousin sur six reconnaît avoir eu des pensées suicidaires sur les deux dernières années. C'est beaucoup plus que dans la population française. Les conditions de travail ne sont pas toujours la cause exclusive de ces idées noires, sauf pour 4 % des répondants.

Un médecin sur dix présente les signes d'un burn-out sévère. D'après un test de référence, les généralistes libéraux seraient les plus concernés (14 % d'entre eux), surtout ceux installés en milieu rural ou péri-urbain.

Un médecin sur cinq est en état d'épuisement professionnel. Un état ressenti plus fréquemment chez les hospitaliers que les libéraux et touchant beaucoup la tranche des 50-60 ans.

Un médecin sur cinq consommerait régulièrement des psychotropes. Un sur six prendrait des anxiolytiques et un sur douze des antidépresseurs.

Un médecin sur deux déclare avoir subi des violences physiques ou verbales au cours des deux dernières années.

Un médecin salarié sur six a de mauvaises relations avec sa direction administrative. Ses difficultés relationnelles existeraient même dans un cas sur six, souvent décrites comme « médiocres ».

Hélène Pommier
*http://www.lepopulaire.fr/limousin/actualite/2016/02/01/en-limousin-un-medecin-sur-6-aurait-deja-pense-au-suicide_11764175.html



AUTRE ARTICLE

Souffrance des soignants : ces médecins limousins aidés par l'association Mots
http://www.lepopulaire.fr/limousin/actualite/departement/haute-vienne/2016/02/02/souffrance-des-soignants-ces-medecins-limousins-aides-par-l-association-mots_11765988.html


Dessin : Deligne - Populaire du Centre
Alors qu'une étude menée auprès de 1.000 médecins limousins révèle un mal-être chez beaucoup d'entre eux, des solutions existent pour venir en aide à ceux qui sont le plus en difficulté.
Le conseil de l'ordre régional du Limousin a ainsi adhéré à l'association Mots, créée dans la région toulousaine en 2010, pour accompagner ces professionnels en détresse. Rencontre avec le médecin qui s'occupe, localement et en toute discrétion, de ses confrères.
Il souhaite garder l’anonymat : pour éviter d’être appelé directement et préserver la confidentialité des situations qu’il rencontre. Ce praticien limousin vient en aide à ses confrères en souffrance. Médecin « effecteur » au sein de l’association nationale Mots (médecins organisation travail santé), il a accompagné douze médecins issus de Haute-Vienne, Creuse et Corrèze en 2015.
« Ce sont des hommes ou des femmes de tous les âges, qui travaillent aussi bien en ville qu’à la campagne, à l’hôpital que dans un cabinet libéral. Je m’adapte à chaque situation : si la personne préfère n’échanger que par téléphone ou par mail, pas de problème. On peut aussi se rencontrer dans son cabinet ou le mien, mais toujours en toute discrétion. »
Beaucoup de médecins sont en effet dans le déni de leur mal-être. « Il n’est jamais facile de reconnaître sa fragilité quand on exerce cette profession. Alors souvent le corps médical ne se soigne pas ou tarde à le faire… »
Problèmes juridiques, financiers, personnels : « On leur donne les clés pour qu’ils s’en sortent, sans pour autant faire les démarches à leur place ». Parfois, une hospitalisation peut s’avérer nécessaire, mais « toujours en dehors de la région afin que le médecin ne se retrouve pas pris en charge par ses collègues ou même confronté à ses propres patients. »
Le Limousin a rejoint l’association Mots, créée en 2010 en Haute-Garonne, depuis quelque temps déjà. « L’association couvre la moitié des régions françaises désormais (dont l’Aquitaine mais pas le Poitou-Charentes qui a développé sa propre structure d’entraide) et environ 140 médecins sont par an accompagnés », assure son trésorier, le médecin limousin Joël Malgouyard.

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