mardi 7 avril 2015

SOS Amitié : 537 appelants aux idées suicidaires en 2014 en Bourgogne

Dijon  
SOS Amitié : 537 appelants aux idées suicidaires en 2014 en Bourgogne [infographie]
L’adolescent en proie au mal-être se confie plus facilement sur internet. - Daniel GOBEROT
L’écoute prime dans la prévention du suicide. En développant le concept de conversation en ligne, SOS Amitié prête désormais aussi l’oreille, ou plutôt l’œil, aux jeunes en détresse psychologique.
Rupture amoureuse, disputes familiales, harcèlement scolaire, état dépressif, sentiment de solitude, angoisses adolescentes… SOS Amitié, via ses permanences téléphoniques, peinait à capter les moins de 25 ans. L’association nationale, fondée en 1960 et reconnue d’utilité publique en 1967, s’est connectée à internet pour venir en aide à ce public aux difficultés si particulières.
Depuis l’expérimentation, en 2000, d’un système d’écoute par messagerie instantanée, le chat (*)-accueil, doté en 2005 d’une structure associative propre en partenariat avec Télé-Accueil en Belgique, ne cesse de voir sa fréquentation croître de 20 % par an.
Si la cellule web ne compte, pour l’heure, que 95 écoutants chat en France et en Belgique, deux bénévoles rompus à l’exercice téléphonique pourraient se convertir au clavier d’ici un mois, à l’antenne bourguignonne. « Les 4.560 conversations internet entretenues l’an passé – soit plus de douze par jour – ont bien occupé les deux ou trois écoutants de permanence », observe Évelyne Sgoifo, présidente de SOS Amitié Internet.



« Ceux de ma génération se confient en face à face. De la vôtre par téléphone. Ceux de la leur ont un smartphone greffé au bout des doigts », poursuit-elle. La discrétion et l’anonymat offerts par le binôme écran/clavier rassurent encore l’adolescent dans la tourmente. « Autour de 16 ans, le jeune cherche à s’émanciper. Il ne veut avoir de comptes à rendre à personne. Il ne souhaite pas impliquer ses parents. »
Il est plus question de suicide via le chatParmi les 4.560 échanges qui se sont joués en 2014, 537 ont tourné autour d’idées suicidaires. Le suicide est d’ailleurs évoqué dix fois plus via le chat que par téléphone. « On demande d’abord à l’appelant d’expliquer son mal-être », reprend celle qui est aussi présidente de SOS Amitié Pays d’Aix. « S’il est seul ? S’il a parlé de son dessein à un proche ? À l’infirmière scolaire ? Avant de lui donner les adresses où il sera reçu dans les plus brefs délais. »
Certes, sur internet, la voix ne trahit aucune émotion. « C’est plus facile de pleurer sur le clavier que dans le combiné », poursuit Évelyne Sgoifo. Les écoutants savent pourtant décoder les changements de rythme d’une discussion écrite. « L’orthographe, les smileys ou les temps de réponse sont autant d’indices que nous avons appris à analyser. Mais lorsqu’il est question de suicide, croyez-moi, personne n’est à l’aise. » 
Fanny Delaire
(*) Prononcez “Tchatte”.

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