mardi 17 mars 2015

RETOUR SUR MANIFESTATION CARPENTRAS (84) "Contre le suicide, les jeunes ont leurs maux à dire

Contre le suicide, les jeunes ont leurs maux à dire
Lundi 16/03/2015 http://www.laprovence.com/article/edition-carpentras-comtat/3312291/contre-le-suicide-les-jeunes-ont-leurs-maux-a-dire.html  Carpentras

60 élèves ont réagi à des situations mises en scène avec une pièce de théâtre


60 élèves de 14 à 26 ans se sont exprimés à travers des jeux de rôles, grâce à la Compagnie des Autres et à la pièce de théâtre "Voix sans issue". Photos F.B.

L'association Le Passage organisait à la maison du citoyen sa 8e rencontre de prévention du suicide. Le matin, 60 élèves de 14 à 26 ans étaient invités à réagir aux différentes scènes de la pièce Voix sans issue écrite et jouée par quatre comédiens de la Compagnie des Autres. "Plus que du théâtre, c'est avant tout un forum dans lequel le public intervient pour rechercher, expérimenter toutes les solutions possibles et transformer l'issue d'histoires de familles, vécues comme déstabilisantes. On pousse les jeunes à exprimer le fond de leur pensée", indique Élisabeth Damian, responsable du projet. Et ça marche.

Au fil de la matinée, Axel, Sita, Ophélie, Allan et leurs camarades apportaient avec spontanéité des avis personnels sur une situation donnée. Ophélie, au prof réprimandant une élève sur la baisse de ses résultats scolaires : "J'ai toujours essayé d'aider. On ne sait jamais si on a les mots justes, mais là, ça ne se fait pas de réagir brutalement face à quelqu'un qui ne va pas bien. Moi, j'irais voir le prof pour lui dire d'être plus attentif."

Axel intervient dans la scène du choix des vacances à partager entre deux parents divorcés bloqués sur leurs positions : "A 17 ans, on doit pouvoir choisir avec quel parent on a envie de passer du temps. C'est aux parents de s'arranger entre eux et pas par l'intermédiaire des enfants. Je ne vis pas cette situation personnellement , mais je la comprends, car certaines de mes copines en souffrent."

Libérer la parole

Rebelle Axel ? Pas plus que Sita elle aussi en formation continue à l'Acaf MSA. Elle voudrait dédramatiser la saynète de la rupture amoureuse et les idées noires de sa "copine". "Même dans le malheur, il y a de l'espoir. Et puis il faut toujours se battre pour l'avenir."

Ces jeux de rôle permettent aux jeunes de libérer la parole. Ils parlent d'eux à travers le filtre d'un personnage. En dernière partie, des groupes de paroles encadrés d'adultes référents, profs, assistante sociale, psychologue complétaient les échanges. Allan et ses copains de classe de 3e DP6 (découverte professionnelle) à Fabre commentaient le déroulé de la pièce. Détendus face à M. Passa, prof de français-histoire-géo qui les connaît bien, ils n'ont pas hésité à se livrer. "Signaler quand quelque chose ne va pas et surtout parler à un adulte de confiance pour obtenir les meilleures réponses." Mais aussi : "J'aimerais pas du tout qu'on aille raconter ça à mes parents."

L'après-midi, la projection du docu de Marie Mandy, "J'suis pas mort", appuyait une discussion entre professionnels, animée par Mme Famin, psychologue aux urgences psychiatriques (UAUP) de Carpentras.

La 8e journée de prévention suicide s'est clôturée au Rivoli avec le long-métrage Oslo 31 août, film tout public et support d'un échange entre parents, jeunes et professionnels sensibilisés à la problématique du suicide.

Françoise Bernard

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