mardi 3 février 2015

RECHERCHE GRECE L'impact des événements économiques d' austérité et de prospérité sur le suicide en Grèce: Etude sur 30 ans



Actualité > Société > Grèce: l'austérité s'est traduite par une hausse d'un tiers des suicides
Publié le 03-02-2015 http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20150203.AFP7526/grece-l-austerite-s-est-traduite-par-une-hausse-d-un-tiers-des-suicides.html


Un homme grec passe près d'un mannequin déguisé en gardien d'école et portant une pancarte "ce n'est pas un suicide, c'est un meurtre", après le licenciement de fonctionnaires le 7 septembre 2013 à Thessalonique (c) Afp


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Paris (AFP) - Les mesures d'austérité renforcées prises en juin 2011 en Grèce pour répondre à la crise de la dette publique, se sont traduites par une hausse d'un tiers des suicides dans ce pays, selon une étude publiée mardi.

Une équipe de chercheurs grecs et américains s'est attachée à étudier les statistiques mensuelles des suicides grecs de 1983 à 2012 en corrélation avec des événements liés aux plans d'austérité depuis 2008 ou au contraire reflétant la prospérité des années précédentes (par exemple l'admission du pays dans la zone euro en 2002 ou l'organisation des jeux Olympiques en 2004).

"Notre analyse montre une hausse significative des suicides à la suite des événements liés à l'austérité en Grèce" constate cette étude publiée dans la revue médicale britannique BMJ Open.

L'annonce en juin 2011 par le gouvernement grec d'un second paquet de mesures d'austérité comprenant baisses des salaires des fonctionnaires et réduction des dépenses de protection sociale, semble avoir eu l'impact le plus fort sur la courbe des suicides.

Le nombre des suicides (hommes et femmes) a progressé en moyenne de 35,7% "sur les mois qui ont suivi cette date, par rapport à la moyenne des mois précédents", selon l'auteur principal de l'étude, le Pr Charles Branas.

Les chercheurs notent également des hausses du nombre des suicides chez les hommes après le début de la récession grecque en octobre 2008 (+13,1%) ainsi qu'en avril 2012 (+29,7%) après le suicide retentissant d'un retraité désespéré par l'austérité sur une place à Athènes. Ce geste avait ébranlé le pays.

C'est d'ailleurs en mai et en juillet 2012 que les chiffres mensuels des suicides atteignent les points les plus élevés jamais observés ces 30 dernières années avec respectivement 62 et 64 suicides pour ces deux mois.

A l'inverse, les points les plus bas dans les relevés mensuels des suicides remontent à des périodes économiquement plus favorables : février 1983 et novembre 1999 (14 suicides).

Professeur d'épidémiologie à l'Université de Pennsylvanie, Charles Branas estime que ce ne sont pas seulement les politiques économiques qui influencent la courbe du suicide mais aussi "les messages publics" qui accompagnent ces politiques.

Les décideurs et les médias doivent être conscients de "l'impact négatif potentiel sur la santé publique, en particulier sur les suicides" de ces mesures d'austérité, souligne-t-il à l'AFP.

Ce spécialiste invite à présenter les politiques d'austérité au public de manière "moins dramatique" et aussi à choisir les politiques les "moins drastiques" lorsqu'elles ont la même efficacité économique.





INFO ++

L'étude citée : BMJ Open 5: Health policy The impact of economic austerity and prosperity events on suicide in Greece: a 30-year interrupted time-series analysis
Charles C Branas 1, Anastasia E Kastanaki 2, Manolis Michalodimitrakis 2, John Tzougas 3, Elena F Kranioti 4, Pavlos N Theodorakis 5, Brendan G Carr 1, Douglas J Wiebe 1

1University of Pennsylvania, Philadelphia, USA
2Faculty of Medicine, University of Crete, Iraklion, Greece
3Hellenic Statistical Authority, Piraeus, Greece
4Edinburgh Unit for Forensic Anthropology, SHCA, University of Edinburgh, UK
5WHO National Counterpart for Mental Health, Athens, Greece
Correspondence to Professor Charles C Branas; cbranas@upenn.edu
Published 2 February 2015

Abstract

Objectives To complete a 30-year interrupted time-series analysis of the impact of austerity-related and prosperity-related events on the occurrence of suicide across Greece.
Setting Greece from 1 January 1983 to 31 December 2012.
Participants A total of 11 505 suicides, 9079 by men and 2426 by women, occurring in Greece over the study period.
Primary and secondary outcomes National data from the Hellenic Statistical Authority assembled as 360 monthly counts of: all suicides, male suicides, female suicides and all suicides plus potentially misclassified suicides.
Results In 30 years, the highest months of suicide in Greece occurred in 2012. The passage of new austerity measures in June 2011 marked the beginning of significant, abrupt and sustained increases in total suicides (+35.7%, p<0.001) and male suicides (+18.5%, p<0.01). Sensitivity analyses that figured in undercounting of suicides also found a significant, abrupt and sustained increase in June 2011 (+20.5%, p<0.001). Suicides by men in Greece also underwent a significant, abrupt and sustained increase in October 2008 when the Greek recession began (+13.1%, p<0.01), and an abrupt but temporary increase in April 2012 following a public suicide committed in response to austerity conditions (+29.7%, p<0.05). Suicides by women in Greece also underwent an abrupt and sustained increase in May 2011 following austerity-related events (+35.8%, p<0.05). One prosperity-related event, the January 2002 launch of the Euro in Greece, marked an abrupt but temporary decrease in male suicides (−27.1%, p<0.05).
Conclusions This is the first multidecade, national analysis of suicide in Greece using monthly data. Select austerity-related events in Greece corresponded to statistically significant increases for suicides overall, as well as for suicides among men and women. The consideration of future austerity measures should give greater weight to the unintended mental health consequences that may follow and the public messaging of these policies and related events.



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