vendredi 13 février 2015

RECHERCHE FRANCE Tentatives de suicide chez les enfants de moins de 12 ans

Mémoire original
Tentatives de suicide chez les enfants de moins de 12 ans
Suicide attempts in children under 12 years of age
C. Stordeura, , , E. Acquavivaa, L. Galdonb, J.-C. Mercierc, L. Titomanlioc, R. Delormea
a Service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, centre hospitalo-universitaire Robert-Debré, Assistance publique–Hôpitaux de Paris (AP–HP), 48, boulevard Sérurier, 75935 Paris cedex 19, France
b Service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, centre hospitalier régional universitaire de Besançon, site Jean-Minjoz, boulevard Fleming, 25030 Besançon cedex, France
c Service des urgences pédiatriques, centre hospitalo-universitaire Robert-Debré, Assistance publique–hôpitaux de Paris (AP–HP), 48, boulevard Sérurier, 75935 Paris cedex 19, France
Received 11 April 2014, Accepted 6 December 2014, Available online 2 February 2015 http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0929693X14005661

Résumé

Les tentatives de suicide (TS) chez l’enfant sont souvent considérées comme rares et sont encore peu étudiées. L’objectif de ce travail était de décrire les caractéristiques cliniques des TS chez les enfants de moins de 12 ans. Pour cela, nous avons conduit une étude descriptive rétrospective chez les enfants de moins de 12 ans pris en charge au Service d’accueil des urgences (SAU) du Centre hospitalo-universitaire (CHU) Robert-Debré à Paris de 2007 à 2010 ou au SAU du CHU de Besançon de 2000 à 2008. L’ensemble des suicidants ont été évalués directement sur le plan somatique et sur le plan psychiatrique. Trente enfants ont été inclus. La moyenne d’âge était de 10,2 ± 0,8 ans et le sex-ratio de 0,9. Les modalités employées lors de la TS étaient : une intoxication médicamenteuse volontaire (53,3 %), une pendaison ou strangulation (23,3 %), une défenestration (16,7 %), une intoxication par des produits chimiques (3,3 %) et des lésions auto-infligées par l’utilisation d’objet tranchant (3,3 %). Les TS avaient eu une létalité élevée dans 43,7 % des cas, ce qui contraste avec une intentionnalité suicidaire modérée (56,2 %) ou faible (43,8 %). En conclusion, nos résultats suggèrent que les TS des enfants diffèrent de celles des adolescents par leur plus grande létalité du fait de la dangerosité des moyens utilisés et par leur moindre intentionnalité.

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