mardi 3 février 2015

COMMUNIQUE DE PRESSE PHARE Enfants-Parents POUR LES JNPS 2015

19e Journées nationales de prévention du suicide : un monde connecté, une jeunesse plus isolée…
COMMUNIQUE DE PRESSE PHARE Enfants-Parents
2 février 2015
source http://florence-gillier-associes.com/19e-journees-nationales-de-prevention-du-suicide-un-monde-connecte-une-jeunesse-plus-isolee/

A trois jours de la 19ème édition des Journées nationales de prévention du suicide, jeudi 5 février, sur le thème des « mondes connectés », l’association PHARE Enfants-Parents, investie depuis de nombreuses années dans la prévention du mal-être et du suicide des jeunes, soulève le paradoxe d’une jeunesse davantage en souffrance et isolée.

Il n’y a jamais eu autant de moyens d’expression et de communication, et pourtant les signes de mal-être chez les jeunes n’ont jamais été aussi élevés, selon les dernières enquêtes[i]. La souffrance psychologique, qui peut trouver sa source dans une multitude de facteurs – hypersensibilité, harcèlement, violences subies, situation familiale difficile, deuils… – est la  2e cause de mortalité chez les moins de 24 ans et 1ère cause chez les 25-34 ans. Plus de 500 jeunes se donnent la mort chaque année[ii], des dizaines de milliers  font une tentative de suicide[iii].
« Le processus d’isolement chez un jeune en situation de profond mal-être se fait souvent de façon inconsciente. La souffrance morale s’exprime difficilement, de peur d’être en situation d’infériorité, d’être mal compris et rejeté par son entourage », explique Thérèse Hannier, Présidente de PHARE Enfants-Parents.
Avec l’émergence de nouveaux canaux de communication, les moyens de prévention se sont diversifiés, ces dernières années, pour notamment s’adapter aux formats de communication des jeunes. Ainsi, chez PHARE Enfants-Parents, l’échange par SMS est venu compléter le dispositif de soutien, composé déjà d’une ligne d’écoute, d’un forum, d’une adresse mail et de groupes de parole. « Le texto répond à un besoin d’immédiateté du jeune en situation de souffrance. Il délivre son SOS, sans demande particulière, sans rien attendre forcément en retour. Pour nous, c’est l’assurance de pouvoir être réactif tous les jours de la semaine et favoriser la proximité. C’est le premier maillon de la chaîne vers un accompagnement durable », précise Géraldine Chanal, Psychologue et thérapeute familiale de l’association.
Pour autant, une thérapie à distance, pratiquée par mail ou par texto a ses limites. Rien ne peut se substituer à une relation humaine, à un échange en face à face, qui va permettre de reconnecter l’individu avec la société, de l’aider à tisser de nouveau du lien social.
Si Internet et  les réseaux sociaux ont facilité l’accès aux messages de prévention et à l’information, des progrès restent encore à faire en matière de détection des jeunes en situation de souffrance. On a vu apparaître dans les pays anglo-saxons des tentatives expérimentales de surveillance des posts et tweets, au moyen d’applications, chargées de signaler à l’utilisateur les messages suggérant un risque de tentative de suicide, au sein de leur réseau. En France, les associations de prévention du suicide des jeunes se heurtent à des problématiques de moyens et de ressources.
« Il est surtout important aujourd’hui qu’une personne confrontée à ce type de situation sur son réseau social sache quoi faire. Dans un premier temps, entamer le dialogue est essentiel. Parler permet souvent de dédramatiser. Dans un second temps, l’internaute ne doit pas hésiter à prendre contact avec une  association dédiée, qui pourra alors intervenir auprès de la personne concernée, y compris sur les réseaux sociaux, et lui proposer un accompagnement adapté », recommande Thérèse Hannier.

Le suicide est la conséquence d’une mauvaise gestion du mal-être et avant toute chose d’une mauvaise identification souvent des signes précurseurs. « Le suicide est le syndrome des sociétés qui accordent moins d’importance à l’épanouissement de l’être humain qu’a sa capacité à consommer. On aura beau se doter de tous les outils modernes de communication pour être connectés d’un bout à l’autre du monde, si on ne sait pas se parler, se respecter, établir une authentique relation humaine, la situation n’évoluera pas  dans le bon sens », conclut Thérèse Hannier.
[i] Un quart des Français déclaraient, en 2012, avoir dans leur entourage un jeune en situation de profond mal-être, selon une étude Viavoice, commandée par PHARE Enfants-Parents. Depuis l’UNICEF révèle que 43% des jeunes de 15-18 ans seraient en « situation de souffrance psychologique », d’après une consultation de 11 232 enfants, dont 62 % âgés de 12 à 18 ans, répartis sur toute la France, entre mars et mai 2014. Lien vers l’étude.
[ii] INSERM
[iii] Chiffres non précis, absence de statistiques fiables.

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