vendredi 30 janvier 2015

Prévention des suicides dans la police nationale mesures

Prévention des suicides dans la police nationale
M. Bernard CAZENEUVE, Ministre de l’Intérieur, a réuni ce soir Place Beauvau les représentants des syndicats de la police nationale, afin de leur présenter les mesures destinées à renforcer la prévention des suicides dans la police. En effet, 55 suicides ont été recensés en 2014, contre une quarantaine en moyenne les années précédentes.

Le Ministre de l’Intérieur a notamment décidé :
  • Le recrutement, dès le mois de février, de 7 psychologues au sein du Service de Soutien Psychologique Opérationnel, la cellule dédiée à l’écoute des agents en souffrance ;
  • La création de 6 postes supplémentaires de psychologues cliniciens, dans le cadre de l’accompagnement des élèves policiers de tous grades durant leur scolarité ;
  • La diffusion d’une instruction rappelant l’obligation qu’ont les chefs de service de s’assurer que les policiers répondent réellement aux convocations des médecins de prévention ;
  • L’identification d’un « référent de l’accompagnement des personnels », agent volontaire spécifiquement formé et susceptible de les assister et de les orienter le cas échéant vers les professionnels de soutien ;
  • La signature d’une convention entre la Direction Générale de la Police Nationale et l’établissement de soin Le Courbat, d’ici la fin du 1er semestre, dans le cadre du suivi des retours en service après un congé maladie long ;
  • La poursuite de l’expérimentation du dispositif permettant aux policiers de déposer leur arme de service à la fin de leur vacation grâce aux casiers individuels. Ceux-ci équiperont dans quelques jours l’ensemble du département du Val d’Oise (10 suicides sur les 3 dernières années). Au total, 2300 casiers auront été déployés ;
  • La refonte des cycles de travail pour améliorer la conciliation entre vie professionnelle et vie privée.
L’ensemble de ces mesures fera l’objet d’un suivi et d’une évaluation tous les quatre mois, en présence des syndicats de la police nationale. Le Ministre de l’Intérieur rappelle sa détermination et son engagement pour que tous les policiers puissent vivre leur métier, si important pour la sécurité des Français, dans les meilleures conditions.

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presse

Police nationale : Bernard Cazeneuve dévoile son plan anti-suicide

Recrutements de psychologues supplémentaires, casiers individuels où déposer son arme à la fin du service, refonte des cycles de travail pour ménager la vie privée..le ministre d' l'Intérieur dévoile une série de mesures pour prévenir les suicides dans les rangs de la police :

Adrien Cadorel | 28 Janv. 2015 http://www.leparisien.fr/faits-divers/police-nationale-bernard-cazeneuve-devoile-son-plan-anti-suicide-28-01-2015-4486727.php
Phénomène décrit au sein des forces de l’ordre comme « tabou » et «particulièrement préoccupant », la question des suicides dans les rangs de la police nationale semble préoccuper davantage le gouvernement. A l’issue d’une réunion avec les organisations syndicales, et alors même qu’une policière marseillaise de 43 ans s’est donnée la mort ce matin avec son arme de service, portant à 56 le triste chiffre des suicides chez les policiers depuis janvier 2014, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve annonce ce soir une série de mesures destinées à s’attaquer à cette triste réalité.



Recrutements de psychologues
En premier lieu, Bernard Cazeneuve a annoncé le recrutement de 7 psychologues supplémentaires « affectés prioritairement dans les départements de l’Hexagone insuffisamment couverts au regard des effectifs ». Un renfort de psychologues cliniciens dont devraient également bénéficier les futurs fonctionnaires lors de leur scolarité, où six psychologues dédiés seront envoyés dans les écoles de police. Dans le même temps, Bernard Cazeneuve s’est montré favorable à ce qu’un fonctionnaire ayant suivi « une formation ad hoc », soit identifié par ses collègues comme « référent de l’accompagnement des personnels », afin de les « assister et de les orienter, si nécessaire, vers des professionnels de soutien ».
Des casiers nominatifs de dépôts des armes
 

Afin de contrer le nombre de passage à l’acte répertorié aux domiciles des fonctionnaires, le ministre de l’Intérieur s’est dit favorable à l’expérimentation de casiers nominatifs permettant de déposer les armes à la fin du service, à l’image des 2 300 casiers mis en place dans le département du Val d’Oise.
Enfin, Bernard Cazeneuve s’est également prononcé pour l’instauration de mesures visant à « améliorer la qualité de vie au travail ». Evoquant plus particulièrement les actes de courage des fonctionnaires au cours de ces dernières semaines, celui-ci a demandé au directeur général de la police nationale Jean-Marc Falcone, de « poursuivre sur la voie de la valorisation de la police et de son image », afin que le slogan « Merci la police », apparu en marge de la manifestation républicaine du 11 janvier dernier, « résonne en de multiples occasions ».

Concilier vie professionnelle et vie privée
Bernard Cazeneuve a expliqué que, concernant «l’amélioration des conditions de travail », il n’était pas « insensé d’envisager une éventuelle refonte des cycles de travail dans la police nationale, pour améliorer la conciliation entre vie professionnelle et vie privée des policiers ». Une piste de réflexion qui ne manquera pas de faire réagir dans les rangs policiers.

« C’est un sujet complexe, mais c’est la première fois qu’il y a un vrai travail de concertation sur la prise en compte du problème » note Jean-Pierre Colombies, secrétaire régional adjoint du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI). « Il y a de nombreuses interrogations à l’heure actuelle de l’ensemble des policiers – tous corps confondus – sur les conditions de travail ainsi que sur les contours des missions qui leur incombe ».


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Des mesures pour lutter contre le suicide dans la police

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/01/28/01016-20150128ARTFIG00444-des-mesures-pour-lutter-contre-le-suicide-dans-la-police.php
Par Christophe Cornevin
Mis à jour le 28/01/2015

2014 est à marquer d'une pierre noire pour la police qui a enregistré dans ses rangs pas moins de 55 suicides en douze mois, contre une quarantaine en moyenne les trois années précédentes. Lors d'une réunion exceptionnelle, Bernard Cazeneuve a dévoilé mercredi une batterie de mesures.
2014 est à marquer d'une pierre noire pour la police nationale qui a enregistré dans ses rangs pas moins de 55 suicides en douze mois, contre une quarantaine en moyenne les trois années précédentes. Ce mercredi, une femme de 43 ans, affectée à «L'Évêché», le commissariat central de Marseille, s'est donnée la mort avec son arme de service à son domicile.
Ce terrible bilan a été révélé à l'occasion d'une réunion «exceptionnelle» organisé par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avec les représentants des organisations syndicales pour définir les voies et moyens de faire baisser ce chiffre dans la durée. Insistant sur un «triste constat», l'hôte de la place Beauvau a observé que «chaque semaine en 2014, un policier s'est donné volontairement la mort» sachant qu'il faut remonter à 1998 pour trouver un nombre de suicides plus important dans la police nationale (59 suicides).
Alors que le taux de suicide en France est de 18 pour 100.000, selon rapport de l'Observatoire national remis à Marisol Touraine en décembre 2014, celui qui touche la police nationale a franchi le cap des 38 pour 100.000 l'année dernière. Soit plus du double. Ce chiffre a en outre bondi de 10 points par rapport à 2013, ce qui en fait une des profession les plus exposée au suicide de ses agents.
Psychologues cliniciens et médecins recrutés
90 % des suicides dans la police nationale concernent les hommes, avec taux record de 45 cas pour 100.000. Face à ce constat dramatique, le directeur général de la police nationale, Jean-Marc Falcone, avait réuni, le 5 novembre dernier, tous les syndicats pour recueillir de premières observations.
Pour endiguer ce fléau, le ministre de l'Intérieur dévoile un vaste plan de prévention. La première mesure consiste à «renforcer et améliorer les dispositifs de soutien» en créant, dès cette année, sept postes de psychologues cliniciens appelés à être mobilisés «prioritairement au bénéfice des départements insuffisamment couverts au regard des effectifs». Par ailleurs, les débriefing psychosociaux jusqu'alors réservés aux élèves commissaires à l'issue de leur premier stage seront étendus à tous les élèves gardiens de la paix, lieutenants et commissaires de police d'ici à la fin de cette année. «Le décalage éventuel entre les idéaux avant l'entrée en école et la prise de conscience de la réalité doit pouvoir être verbalisé et entendu, dans le cadre d'un entretien neutre, indépendant et sans rapport avec l'évaluation de fin de scolarité», estime le premier flic de France qui rappelle en outre que «les chefs de service doivent s'assurer que les policiers répondent réellement aux convocations des médecins de prévention». Ces derniers font aussi faire l'objet campagne de recrutement.
Des casiers individuels pour entreposer les armes.
Soucieux de «limiter les risques» notamment lié au nombre de suicides commis au domicile avec l'arme de service, Bernard Cazeneuve propose en outre la généralisation de casiers individuels permettant au policier de «déposer son arme de service à la fin de sa vacation, s'il le souhaite». Au total, 2300 casiers ont déjà été déployés dans les postes de police du Val d'Oise, théâtre de dix suicides de policiers en trois ans.
Enfin, espérant surfer sur la vague de gratitude dont ont bénéficié les forces de l'ordre lors de la vague d'attentats, Bernard Cazeneuve a demandé au directeur général de la police nationale de «poursuivre sur la voie de la valorisation du policier et de son image». En martelant cette idée: «Il faut que le slogan «Merci la police» résonne en de multiples occasions». Les chefs de service sont quant à eux invités à «mieux gérer les tensions qui peuvent exister dans un service et générer un mal être chez les fonctionnaires».
Enfin, le ministre n'a pas jugé «insensé d'envisager une éventuelle refonte des cycles de travail dans la police nationale, pour améliorer la conciliation entre vie professionnelle et vie privée des policiers».

 

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