vendredi 30 janvier 2015

NORD PAS DE CALAIS PRESENTATION STRUCTURE DEUIL


Une main tendue par des bénévoles aux endeuillés



Nord Littoral



«
Nous préparons notre onzième groupe d’entraide pour les personnes endeuillées
», résume Anne Cantégrit.



Parler et savoir écouter. Se serrer les coudes pour mieux traverser une période de deuil, c’est le but du groupe d’entraide que la Main tendue est en train de remettre en place. « Notre onzième groupe », souligne Anne Cantégrit, la présidente de l’association calaisienne. Dans quelques semaines, les bénévoles vont remettre en place un nouveau groupe d’entraide, pour une année.
« Le principe ne change pas, complète-t-elle, nous proposons une réunion par mois à des personnes qui sont endeuillées mais qui ont déjà passé les premiers mois de souffrance liée au décès de leur proche. » Durant ces réunions, des bénévoles – formés – de la Main tendue vont organiser la réunion : permettre à chacun de pouvoir parler, proposer des thèmes comme la colère, la peine ou la tristesse, mais ces bénévoles ne seront là que pour permettre les échanges entre participants. « Un groupe d’entraide, c’est bien cela, c’est un groupe où chacun peut aider les autres », précise Anne Cantegrit.

Besoin de parler

Convaincue qu’il n’y a jamais une situation de deuil qui soit plus lourde qu’une autre, Anne Cantegrit constate néanmoins que les groupes d’entraide de la Main tendue ont des situations différentes à gérer. « Plus de suicides qu’à nos débuts, pas forcément parce que les suicides sont plus nombreux mais parce que les personnes en parlent. Il était fréquent et il arrive encore qu’après un suicide, le conjoint survivant – ou les parents s’il s’agit d’un enfant – s’emmure dans le silence avec un sentiment de gêne. De honte pourrait-on dire. Avec un fort sentiment de culpabilité, l’impression que l’on n’a rien vu. Cela arrive aussi dans des cas de décès subit, les personnes vont se dire que la veille ou l’avant-veille du drame, il y avait eu un signe qui aurait dû attirer leur attention. Sans parler de la colère envers les médecins. »
C’est pour libérer paroles et sentiments que la Main tendue a mis en place ces groupes il y a onze ans. « Les personnes qui viennent à nous ont découvert notre action par le bouche à oreille, par les articles dans la presse ou parce qu’un psychologue ou une assistante sociale leur a conseillé de venir nous voir. Nous n’exigeons que deux choses : assiduité et confidentialité. Rien de ce qui se dit dans le groupe ne doit en sortir. Quant à l’assiduité, il est arrivé que des personnes quittent le groupe en cours d’année, et les autres participants ont cru – à tort – qu’une parole les avait blessés, et que c’est cela qui expliquait cet arrêt prématuré. A contrario, nous avons des personnes qui ont participé à notre tout premier groupe d’entraide et elles sont restées des amis. » Preuve que le groupe d’entraide est aussi un enrichissement pour les bénévoles de la Main tendue.
LAURENT GEUMETZ


Contact :
Mme Anne Cantégrit (Présidente) 
21 ter, rue d’Alembert, 62100 Calais
Tél. Maison : 03.21.96.38.05
Tél. Mobile :  
Adresse Mail : lamaintendue62@orange.f

1 commentaire:

  1. Lucas Bemben (psychologue)31 janvier 2015 à 10:44

    Une belle initiative, répondant d'ailleurs à une réelle carence d'accompagnement des personnes endeuillées au sein de notre société (un peu trop tentée, de nos jours, de se baser sur le tissu familial plutôt que social).
    Ce type de groupe, fondé sur le concept de "similarité situationnelle" ne peut être qu'une aide pour les personnes ne trouvant pas d'espace d'expression autour d'elles.
    Cependant, ne peut-on pas considérer que certaines situations de deuil sont peut-être plus complexes que d'autres? Je pense notamment aux deuils dits "compliqués" et "pathologiques", par exemple s'inscrivant dans un contexte de fragilité psychologique préalable?

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