jeudi 13 novembre 2014

JOURNEE DE l'ECOUTE 13 novembre 2014 prévenir le suicide de l’adolescent Lyon

Journée de l’écoute: prévenir le suicide de l’adolescent
Ecrit par : Pascal Auclair 12 nov, 2014 http://www.ra-sante.com/suicide-adolescent-conseils-psychologue-8817.html

Dans le cadre de la cinquième Journée nationale de l’écoute, le jeudi 13 novembre, l’accent est mis cette année sur le suicide des adolescents, deuxième cause de décès chez les 15-24 ans. Comment prévenir le passage à l’acte ? Comment réagir en cas de tentative avortée ? Les explications de Johann Jung (1), docteur en psychologie, psychologue clinicien au Centre Hospitalier Le Vinatier, à Lyon, et enseignant à Lyon II.
Le suicide des adolescents, un appel de détresse face à une situation de détresse psychologique extrême.

Pourquoi les adolescents sont-ils si exposés au risque de suicide ?
Parce que particulièrement entre 12 et 17 ans et souvent au-delà, le jeune qui n’est plus un enfant et pas encore un adulte rencontre une situation inédite dans son existence liée à la puberté. Une période de transition, d’extrême intensité, qui va générer des changements sur le plan corporel, hormonal et pulsionnel. Dans ce contexte, les rapports de l’adolescent avec lui-même comme avec les autres évoluent. Cela se traduit par un état de vulnérabilité plus important, l’émergence d’une souffrance sur ce terrain fragile pouvant aller jusqu’à la schizophrénie.

Quelles sont les principales causes du suicide chez l’adolescent ?
Elles sont multiples, même si certaines circonstances particulières constituent autant de facteurs aggravants. Je pense notamment à un isolement social, à des difficultés familiales comme un divorce des parents, le décès d’un proche ou une rupture sentimentale. En fait, l’adolescent se trouve en grande vulnérabilité s’il doit faire face à des situations auxquelles il n’a pas de réponses. Ces aléas de la vie vont induire une très forte réaction émotionnelle, une perte de contrôle, avec le sentiment de se retrouver seul au monde.

Quels sont les signes qui doivent alerter les parents et l’entourage de l’adolescent ?
Il y a danger si l’ado vit replié sur lui-même, s’il est en rupture de communication avec le monde des adultes et avec la vie sociale en général. Bref, dans une sorte d’impasse relationnelle. Les situations conflictuelles, la prise de stupéfiant, l’alcoolisme, sont aussi des éléments à prendre en compte, tout comme des difficultés scolaires soudaines, des insomnies régulières, un comportement léthargique, etc. Le passage à l’acte suicidaire est la résultante d’une insécurité psychique vécue comme quelque chose d’intolérable. Plus que le désir de mourir, c’est la volonté de mettre un terme à cette situation qui engendre le passage à l’acte. Dans un tel contexte, la relation avec les parents se révèle primordiale.

Justement, comment réagir en cas de détresse de l’adolescent ?
D’abord, ne jamais couper le contact et, si possible, renouer un dialogue constructif. Il faut porter de l’attention à l’ado, qu’il ait le sentiment d’être écouté, tout en respectant son intimité afin de ne pas être trop intrusif dans sa vie quotidienne. C’est par l’échange que l’on trouve les solutions.

Quel discours tenir si l’ado a fait une tentative de suicide ?
D’abord, ne pas fuir la discussion. Une tentative de suicide est un appel de détresse, un signal d’alarme. Il faut prendre la mesure de la souffrance psychique de l’ado, qu’il comprenne que son appel a été entendu. Un accompagnement psychologique ou une psychothérapie peuvent être recommandés. La prescription d’antidépresseurs ou d’anxiolytiques est aussi parfois nécessaire pour apaiser provisoirement la douleur psychique de l’adolescent, jusqu’à ce qu’il retrouve une forme d’équilibre, de sérénité relationnelle.
(1) A l’initiative de SOS Amitiés, le docteur Johann Jung animera jeudi 13 novembre, à la MJC Monplaisir (25, avenue des Frères Lumière, 69008 Lyon), une conférence-débat sur le thème: « A la rencontre de l’autre: écouter la souffrance » en présence du docteur Jean Furtos, psychiatre, directeur scientifique honoraire de l’Observatoire National Santé Mentale et Précarité. Entrée libre.

A savoir
Le nombre de suicides d’adolescents augmente régulièrement depuis les années 70. Avec près de 1 000 décès par an, pour 80 000 tentatives, le suicide est la deuxième cause de décès chez les moins de 20 ans, derrière les accidents de la circulation. Si les filles sont plus nombreuses que les garçons à tenter de se suicider, ces derniers arrivent plus souvent à leurs fins.
Parue dans la revue Le concours Médical, une récente enquête épidémiologique menée auprès de 1 800 jeunes scolarisés dans 171 établissements des régions Poitou-Charentes et Alsace a révélé qu’à 15 ans, près de 21% des filles et 9% des garçons avaient déjà tenté de suicider. Des chiffres d’autant plus alarmants chez les filles que lors de précédentes études similaires, seules 9% des adolescentes en 1993 et 14,6% en 1999 avaient déclaré avoir fait une tentative.

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