vendredi 28 novembre 2014

CANADA : Enjeux autour de la responsabilité du geste suicidaire en institution carcérale Analyse des enquêtes du coroner de Montréal entre 1892 et 1950


Vol. XI | 2014 : Parentalités enfermées/Objets et enfermement/Probation française

Varia

Enjeux autour de la responsabilité du geste suicidaire en institution carcérale

Analyse des enquêtes du coroner de Montréal entre 1892 et 1950

Patrice Corriveau, Jean-François Cauchie et Isabelle Perreault


Résumés

Au Québec, une enquête du coroner est entreprise dès qu’une mort survient sur le territoire afin d’établir si celle-ci est due à des causes naturelles ou non. C’est le cas lors des décès dans les institutions carcérales. Dans le présent article, nous étudierons plus spécifiquement comment le suicide en prison devient ce que les acteurs sociaux et les rapports officiels en disent dans l’enquête du coroner. Nous disposons à cet effet d’un corpus empirique de première main : les enquêtes des coroners du district judiciaire de Montréal qui ont conclu à des décès par suicide entre 1892 et 1950. Notre étude permet de saisir comment les diverses explications du suicide en institution carcérale se construisent au fil de l’enquête des coroners, par les informations qu’ils colligent et notent dans leurs rapports, mais aussi par les témoignages qu’ils recueillent et les mots utilisés par les uns et les autres pour décrire les événements entourant la mort (et le mort). Nous verrons notamment qu’un « suicide » peut connaître des interprétations différentes selon les acteurs sociaux appelés à le commenter et l’expliquer, de même que selon la période dans laquelle il est nommé. Nous constaterons aussi que les verdicts de suicide dans les institutions carcérales montrent que le statut de détenu comme paria rend concevable la « volonté suicidaire » aux yeux du coroner (et de ses témoins), alors que ce n’est pas le cas pour les verdicts touchant la population générale. 

Mots-clés :
suicide, enquêtes, coroner, Montréal, institutions carcérales, prisons, prison

Plan
Introduction

I - Mise en contexte de la problématique du suicide en prison

II - L’enquête et les dossiers du coroner comme source empirique

III - À qui la faute…

1) La faute aux institutions, à son personnel ou au détenu lui-même ?

2) La faute à l’alcool, mère de tous les maux ?

3) La faute à un « moment de folie » ?

Pour conclure

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