jeudi 10 juillet 2014

SUISSE : "Pour prévenir le suicide de la personne âgée"

REISO : "Pour prévenir le suicide de la personne âgée"

Les raisons qui incitent des personnes âgées à se suicider sont multiples, aussi bien personnelles que contextuelles. Les proches et les soignant·e·s peuvent participer à la prévention. Par Dolores Angela Castelli Dransart.
Si les comportements suicidaires ou les suicides avérés des jeunes bouleversent et font parler, voire mobilisent, il n’en va pas de même pour les suicides des personnes âgées qui sont souvent ignorés, voire banalisés. « Il/elle a déjà fait sa vie. » « Il/elle allait de toute manière mourir. » Les personnes âgées se suicident pourtant plus que les jeunes en nombre absolu et en taux. En effet, sur les 1037 décès par suicide en Suisse en 2012, 406 (39.15%) étaient des personnes âgées de plus de 60 ans et 36 étaient des jeunes jusqu’à 19 ans (3.47%). A cela, il faut ajouter les 423 suicides assistés (83.26% du total des 508 suicides assistés) de personnes de plus de 65 ans (OFS, 2014).
Site REISO

extraits :


"Les pistes pour la prévention
La prévention du suicide parmi la population âgée devrait intervenir aussi bien au niveau universel (population générale), que sélectif (populations à risque telles que les personnes âgées déprimées), ou qu’indiquée (individu suicidaire) (Erlangsen et al. 2011). Une méta-analyse des programmes conduits et évalués montre (Laperrière et al. 2011) que la prévention du suicide auprès de la population âgée est possible et efficace et ceci d’autant plus si les offres sont personnalisées et si elles articulent différents domaines (social, santé, habitat, communauté-collaborative care) et niveaux individuels, professionnels de soutien et légaux (Laperrière et al. 2011).
Erlangsen et al. (2011) et Conwell (2013, communication IASR 2013) suggèrent les axes de prévention suivants : améliorer l’identification et le soutien des personnes âgées suicidaires, offrir des soins en santé mentale pour les personnes âgées qui soient efficaces, accessibles, acceptables et coordonnés, offrir des opportunités susceptibles d’augmenter les liens intergénérationnels et le sentiment d’appartenance, augmenter les possibilités de fonctionnement autonome en développant, par exemple, les in-home technologies. Le groupe de travail « Vieillissement » de la section « Santé Mentale » de Public Health Suisse (2011) suggère d’améliorer la conduite de la politique sanitaire, de former les professionnel·le·s de la santé et du social ainsi que les bénévoles de la relation d’aide à la prévention du suicide, de sensibiliser et informer la population à ce sujet et d’intégrer la santé mentale dans l’offre des soins existant pour les personnes âgées.
En l’état, aucun programme de prévention du suicide spécifiquement orienté vers la personne âgée n’a été mis en place au niveau fédéral ou cantonal en Suisse, même si des initiatives ponctuelles existent. La stratégie nationale en matière de soins palliatifs a été reconduite pour les années 2013-2015. Elle a été présentée comme un axe de prévention du suicide assisté. Toutefois, cette stratégie est susceptible de concerner les personnes suicidaires en phase terminale ou bénéficiant de soins palliatifs. Qu’en est-il des personnes âgées suicidaires qui ne sont pas dans ce cas de figure ? Dès lors, il est nécessaire de proposer des mesures à même de soutenir en général les personnes âgées suicidaires. Avec l’évolution démographique, les professionnel·le·s seront très probablement confronté·e·s plus fréquemment à des personnes vieillissantes suicidaires vivant des situations complexes. Dès lors, il est indispensable de donner les moyens aux professionnel·le·s d’accompagner ces personnes avec compétence et humanité entre autres par des formations spécifiques et la mise à disposition de ressources adéquates.
Dolores Angela Castelli Dransart, Ph.D., professeure, Haute Ecole fribourgeoise de Travail social, Givisiez"
Lire l'article en entier :http://www.reiso.org/spip.php?article4452

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