lundi 7 juillet 2014

CANADA : Vague de suicides dans l'armée: des données révèlent un portrait inattendu

Vague de suicides dans l'armée: des données révèlent un portrait inattendu
Publié le 06 juillet 2014 http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/sante/201407/06/01-4781576-vague-de-suicides-dans-larmee-des-donnees-revelent-un-portrait-inattendu.php

La Presse Canadienne
Ottawa

Seulement trois suicides sur 10 de militaires canadiens auraient été causés par le syndrome de stress post-traumatique, l'hiver dernier. La majorité des soldats qui se sont enlevés la vie n'étaient pas en danger d'être chassés de l'armée.


Ces données figurent dans un résumé statistique obtenu par La Presse Canadienne en vertu de la Loi d'accès à l'information.

L'Armée canadienne tente de déterminer les causes d'une vague de suicides qui a frappé ses rangs entre novembre 2013 et février 2014. Les premières données semblent tracer un portrait inattendu de la crise.

Selon la perception publique, ces suicides seraient en lien direct avec la guerre en Afghanistan. En fait, seulement la moitié des 10 soldats suicidés ont servi en Asie, et la majorité d'entre eux n'y sont allés qu'une seule fois.

Les responsables médicaux de l'armée ont recommandé de lire ce résumé avec prudence, ajoutant qu'il y a peu de matières pour «tirer des conclusions». Les données cadrent avec ce qu'ont découvert les enquêteurs et les responsables de la santé.

La major Nicole Meszaros a rappelé «qu'il est extrêmement difficilement de prédire qui s'enlèvera la vie».

Les données révèlent que la majorité des soldats, même s'ils suivaient des traitements médicaux pour diverses raisons, allaient demeurer au sein des forces armées «sans restriction», et qu'aucun changement de carrière majeur n'apparaissait à l'horizon.

Soixante-dix pour cent des soldats n'avaient pas d'historique connu de tentatives de suicide. En ce qui concerne leur statut marital, sept des 10 étaient divorcés ou séparés. La majorité provenaient de l'armée, et seule une poignée d'entre eux avaient eu maille à partir avec la chaîne de commandement pour des questions judiciaires ou de discipline au cours des deux dernières années.

«Cela n'est pas une situation unique au sein de l'armée canadienne, ni même dans la société canadienne dans son ensemble, d'avoir quelqu'un qui, de l'extérieur, semble être en bonne santé et qui réagit bien aux traitements, puis qui, tragiquement, s'enlève la vie», a indiqué Mme Meszaros par courriel.

Dans un courriel envoyé le 21 février dernier au chef du personnel militaire, le major-général David Millar, le médecin-chef de l'armée, le colonel Colin MacKay, indique que l'analyse représente une «plongée superficielle» dans ce dossier et que davantage d'études sont nécessaires. La crise des suicides, qui a éclaté l'hiver dernier, a attiré l'attention partout au pays et poussé la Défense à commencer à combler des postes vacants depuis belle lurette dans le domaine de la santé mentale, en plus de lancer plusieurs appels publics pour que les soldats souffrant de problèmes de santé mentale se manifestent.

L'analyse sur les suicides, en plus de statistiques publiées la semaine dernière par Statistique Canada et de commentaires présentés au printemps par le médecin en chef, portent à croire que les causes des tragédies puissent avoir des origines plus profondément enfouies. Un sondage sur la santé réalisé en 2013 au sein de l'armée a ainsi révélé que les vétérans estimaient que leur état de santé était moins bon que celui de la population générale au moment de quitter les Forces canadiennes, tout comme leur sentiment d'appartenance.

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