vendredi 20 juin 2014

USA DEBAT SUR l'Avertissement de la FDA contre les Antidépresseurs liés à une Suicidalité accrue chez les jeunes

L'Avertissement de la FDA contre les  Antidépresseurs liés à une Suicidalité accrue chez les jeunesUne étude publiée hier dans le BMJ a suggéré que la mise en œuvre de l avertissement de la Food and Drug Administration US sur les boîtes du risque accru de tendances suicidaires (idéation suicidaire et de comportement) pour les enfants et les adolescents prenant des antidépresseurs, ont peut-être eu des conséquences inattendues.
Les chercheurs du département de la 
Harvard Medical School’s Department of Population Medicine and the Harvard Pilgrim Healthcare Institute ont recueilli des données à partir de 7,5 millions patients âgés de 10 à 64 pour examiner les changements à partir de l'utilisation des antidépresseurs, des tentatives de suicide et les décès par suicide avant et après l'avertissement de la FDA très médiatisée et publié pour la première fois en 2003.L'analyse a montré que, un an après la mise en œuvre de l'avertissement, l'utilisation d'antidépresseurs a chuté de 31 pour cent chez les adolescents, 24,3 pour cent chez les jeunes adultes, et 14,5 pour cent chez les adultes. En même temps, il y avait une augmentation de 21,7 pour cent des tentatives de suicide par intoxication médicamenteuse psychotropes chez les adolescents, et une augmentation de 33,7 pour cent celles des jeunes adultes. Le nombre de décès par suicide n'a pas changé pour tout groupe d'âge.Mark Olfson, MD, MPH, professeur de psychiatrie au Centre médical de l'Université de Columbia et un expert en troubles de l'humeur, et a dit  a  Nouvelles psychiatriques que «les nouvelles découvertes jettent  peu de lumière sur les associations complexes entre l'anxiété et les troubles dépressifs, le traitement antidépresseur, et le risque d'automutilation et de suicide. La mesure des tentatives de suicide utilisée dans cette étude, les intoxications psychotropes (CIM-9, code 969), est que faiblement liée aux tentatives de suicide. La plupart des tentatives de suicide chez les jeunes ne comprennent pas l'empoisonnement par médicaments psychotropes et les intoxications ne représentent pas les tentatives de suicide ".En raison de l'augmentation substantielle récente des intoxications accidentelles de stimulants, Olfson a déclaré que l'augmentation de surdosage psychotrope pourrait être le résultat d'un trouble de l'utilisation d'une substance sous-jacente plutôt que de suicide. "Cette tendance [de la surexploitation des psychotropes par les jeunes], qui peut être entraîné par des facteurs sociaux complexes, mérite une étude et un examen clinique», a conclu Olfson.Pour lire d'autres études portant sur les conséquences de l'avertissement de la FDA, consultez l'article psychiatrique Nouvelles "Analysis Continues of Fallout From FDA's SSRI Warning.” Voir aussi le Journal américain de l'étude de la psychiatrie, «Early Evidence on the Effects of Regulators’ Suicidality Warnings on SSRI Prescriptions and Suicide in Children and Adolescents ".


INFO ETUDE CITEE (Disponible En ligne)

http://www.bmj.com/content/348/bmj.g3596 
  1. Christine Y Lu, instructor1,
  2. Fang Zhang, assistant professor1,
  3. Matthew D Lakoma, analyst1,
  4. Jeanne M Madden, instructor1,
  5. Donna Rusinak, program manager1,
  6. Robert B Penfold, assistant investigator; affiliate assistant professor23,
  7. Gregory Simon, senior invstigator; lead investigator24,
  8. Brian K Ahmedani, assistant research scientist5,
  9. Gregory Clarke, senior investigator6,
  10. Enid M Hunkeler, senior research scientist7,
  11. Beth Waitzfelder, investigator8,
  12. Ashli Owen-Smith, assistant investigator9,
  13. Marsha A Raebel, senior investigator10,
  14. Rebecca Rossom, geriatric psychiatrist11,
  15. Karen J Coleman, research scientist12,
  16. Laurel A Copeland, associate director13,
  17. Stephen B Soumerai, professor1
Author Affiliations
  1. 1Department of Population Medicine, Harvard Medical School and Harvard Pilgrim Health Care Institute, Boston, MA, USA
  2. 2Group Health Research Institute, Seattle, WA, USA
  3. 3Department of Health Services Research, University of Washington, Seattle, WA, USA
  4. 4Mental Health Research Network
  5. 5Center for Health Policy and Health Services Research, Henry Ford Health System, Detroit, MI, USA
  6. 6Kaiser Permanente Center for Health Research, Portland, OR, USA
  7. 7The Division of Research, Kaiser Permanente Medical Care Program Northern California, Oakland, CA, USA
  8. 8Kaiser Permanente Center for Health Research Hawaii, Honolulu, HI, USA
  9. 9The Center for Health Research Southeast, Kaiser Permanente Georgia, Atlanta, GA, USA
  10. 10Kaiser Permanente Colorado Institute for Health Research, Denver, CO, USA
  11. 11HealthPartners Institute for Education and Research, Bloomington, MN, USA
  12. 12Kaiser Permanente Southern California, Department of Research and Evaluation, Pasadena, CA, USA
  13. 13Center for Applied Health Research, Central Texas Veterans Health Care System jointly with Scott & White Healthcare, Temple, TX, USA
  1. Correspondence to: C Y Lu 133 Brookline Avenue, 6th Floor, Boston, MA 02215, USA christine_lu@harvardpilgrim.org
  • Accepted 21 May 2014

Abstract

Objective To investigate if the widely publicized warnings in 2003 from the US Food and Drug Administration about a possible increased risk of suicidality with antidepressant use in young people were associated with changes in antidepressant use, suicide attempts, and completed suicides among young people.
Design Quasi-experimental study assessing changes in outcomes after the warnings, controlling for pre-existing trends.
Setting Automated healthcare claims data (2000-10) derived from the virtual data warehouse of 11 health plans in the US Mental Health Research Network.
Participants Study cohorts included adolescents (around 1.1 million), young adults (around 1.4 million), and adults (around 5 million).
Main outcome measures Rates of antidepressant dispensings, psychotropic drug poisonings (a validated proxy for suicide attempts), and completed suicides.
Results Trends in antidepressant use and poisonings changed abruptly after the warnings. In the second year after the warnings, relative changes in antidepressant use were −31.0% (95% confidence interval −33.0% to −29.0%) among adolescents, −24.3% (−25.4% to −23.2%) among young adults, and −14.5% (−16.0% to −12.9%) among adults. These reflected absolute reductions of 696, 1216, and 1621 dispensings per 100 000 people among adolescents, young adults, and adults, respectively. Simultaneously, there were significant, relative increases in psychotropic drug poisonings in adolescents (21.7%, 95% confidence interval 4.9% to 38.5%) and young adults (33.7%, 26.9% to 40.4%) but not among adults (5.2%, −6.5% to 16.9%). These reflected absolute increases of 2 and 4 poisonings per 100 000 people among adolescents and young adults, respectively (approximately 77 additional poisonings in our cohort of 2.5 million young people). Completed suicides did not change for any age group.
Conclusions Safety warnings about antidepressants and widespread media coverage decreased antidepressant use, and there were simultaneous increases in suicide attempts among young people. It is essential to monitor and reduce possible unintended consequences of FDA warnings and media reporting.



AUTRE ARTICLE SUR LE SUJET

Aux Etats-Unis : Antidépresseurs : des alertes qui poussent à des tentatives de suicide Par Afsané Sabouhi Publié le 20 Juin 2014 sur
http://www.pourquoidocteur.fr/Antidepresseurs---alerter-sur-les-risques-a-des-effets-pervers------6932.html

Aux Etats-Unis, la médiatisation du risque suicidaire des antidépresseurs chez les jeunes a eu l’inverse de l’effet escompté : une baisse des prescriptions et une hausse des tentatives de suicide.
Comment alerter sans faire peur ? Les spécialistes de la gestion du risque n’ont pas encore trouvé la solution. En matière de médicament, l’alerte peut rapidement prendre des proportions contre-productives. Et celà n'arrive pas qu'aux autorités sanitaires françaises, souvent décriées en la matière. Les autorités américaines ont elles aussi des ratés de communication. C’est ce que relate une étude publiée jeudi dans le British Medical Journal. En 2003, l’Agence américaine de sécurité des médicaments, la FDA, a alerté sur le risque suicidaire de certains antidépresseurs chez les enfants et adolescents. Les notices de ces traitements ont été modifiées pour mentionner ce risque et le lien entre antidépresseurs et suicide a été extrêmement médiatisé.

Recrudescence de tentatives de suicides chez les jeunes
Conséquence attendue, les prescriptions d’antidépresseurs chez les jeunes ont fortement diminué, -31% en un an chez les adolescents, -24% chez les jeunes adultes et -14% chez les adultes. Mais autre conséquence inattendue, durant la 2e année suivant la médiatisation de l’alerte de pharmacovigilance, la baisse des prescriptions a provoqué une forte hausse des tentatives de suicide par ingestion de médicaments psychotropes chez les ados (+22%) et chez les jeunes adultes (+34%).  

Ecoutez le Pr Antoine Pelissolo, psychiatre à l’hôpital Henri Mondor à Créteil (94) : « Les médecins ont voulu être particulièrement prudents chez les jeunes pour qui le risque d’idées suicidaires lié aux antidépresseurs est le plus important, mais ils ont été trop prudents visiblement. »http://www.pourquoidocteur.fr/Antidepresseurs---alerter-sur-les-risques-a-des-effets-pervers------6932.html

 

Des médias alarmistes
Pour les auteurs, la responsabilité médiatique est importante puisqu’ils se sont concentrés sur un risque relativement faible au vu du bénéfice de ces médicaments qui sauvent quotidiennement des vies. « Le risque d’idées suicidaires cité par la FDA ne concernait qu’environ 1% des patients traités mais la consommation d’antidépresseurs a brutalement chuté de 20%, laissant non-intentionnellement de nombreux jeunes dépressifs sans traitement approprié, ce qui a logiquement conduit à des admissions aux urgences et des hospitalisations pour tentatives de suicide », souligne l’un des auteurs, le Pr Stephen Soumerai de l’Université d’Harvard.

Ecoutez le Pr Antoine Pelissolo, psychiatre à l’hôpital Henri Mondor à Créteil (94) : « Tirer radicalement le signal d’alarme peut être perçu de façon exagérée par tout le monde, les médecins comme les malades. Les choses vont trop loin et l’alerte a des effets contre-productifs dangereux. »
http://www.pourquoidocteur.fr/Antidepresseurs---alerter-sur-les-risques-a-des-effets-pervers------6932.html
 
Alors que les médecins s’alarment souvent de la façon dont les alertes de pharmacovigilance seront perçues par leurs patients et des risques qu’ils interrompent leur traitement, il apparaît que la médiatisation de ces alertes influence les prescripteurs eux-mêmes. « Les agences sanitaires, les médias et les médecins doivent trouver de meilleures façons de travailler ensemble pour s’assurer que les patients prennent les médicaments dont ils ont besoin, tout en les protégeant de risques potentiels. Nous devons beaucoup mieux communiquer sur les risques qu’il y a à prendre et à ne pas prendre un médicament », insiste le Dr Christine Lu, co-auteur de l’étude.

Ecoutez le Pr Antoine Pelissolo, psychiatre à l’hôpital Henri Mondor à Créteil (94) : « C’est tout de même une bonne nouvelle de voir que les messages de prévention portent, il faut juste faire attention à la façon dont on les fait passer ! » 
http://www.pourquoidocteur.fr/Antidepresseurs---alerter-sur-les-risques-a-des-effets-pervers------6932.html


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