vendredi 30 mai 2014

GENDARMERIE : Négociateurs. Ils désamorcent les crises

Négociateurs. Ils désamorcent les crises



Les onze négociateurs bretons de la gendarmerie sont formés pour gérer les situations de crise, telles que les prises d'otage, les personnes retranchées, les suicidaires et les forcenés. 

Prises d'otage, forcenés, suicidaires : en situation de crise, les gendarmes peuvent faire appel à des négociateurs. Ils sont onze en Bretagne à effectuer ces missions, qui requièrent une bonne dose de psychologie.
Au quotidien, le major C. est commandant d'une brigade de gendarmerie. Sur l'uniforme, un écusson le distingue des autres militaires : il est l'un des onze négociateurs bretons. C'est lui le référent pour les quatre départements de ce service rattaché au général de gendarmerie qui commande la région. « On est sélectionné, formé et suivi par la cellule nationale de négociation du GIGN, qui est basée à Versailles. Des recyclages sont organisés tous les trois ans », précise celui qui tient à garder l'anonymat, pour être préservé dans le cadre de ses missions.

Le plus d'interventions en Bretagne

Car les négociateurs, lorsqu'ils sont appelés par les commandants de compagnie, sont amenés à désamorcer des situations de crise. Des retranchés, des suicidaires, des forcenés ainsi que des prises d'otage. « C'est en Bretagne que les négociateurs ont le plus d'interventions : 45 en 2013, sur un total de 340 en France et les territoires d'Outre-Mer. C'est un chiffre qui s'est stabilisé ces dernières années ». Sachant qu'en Bretagne, le dispositif existe depuis 2005. Les personnes retranchées et les suicidaires sont « les interventions les plus demandées ».
C'est « l'envie de résoudre des crises sans avoir recours à la force » qui a motivé ces gendarmes à devenir des négociateurs. Ils sont entre huit et douze dans chaque région et sont recrutés après un appel à candidatures auprès des gendarmes volontaires. Des entretiens et des tests psychologiques poussés permettent au GIGN de faire la sélection. Outre le recyclage tous les trois ans, la remise à niveau est quasi permanente, à l'occasion d'exercices sur le terrain. C'était le cas, dernièrement, lors d'une simulation de prise d'otage dans une prison.

« On est là pour calmer le jeu »

Ces onze gendarmes au profil un peu particulier sont répartis sur les quatre départements (trois en Ille-et-Vilaine, Morbihan et Finistère, deux dans les Côtes-d'Armor). Chaque jour, deux sont de permanence. « On travaille toujours en binôme. Le premier prépare la négociation avec le forcené quand le second gère la partie des renseignements et du contact des proches ».
Le but de l'intervention étant que « la crise se termine sans encombre, du côté des forces de l'ordre mais aussi de la personne en crise. On est là pour calmer le jeu. Depuis 2005, on n'a pas connu l'échec, il n'y a jamais eu de blessé, ce qui montre que ça fonctionne bien ».
Et pourtant, des situations difficiles, qui pouvaient dégénérer, le major C. en a connu plusieurs. La plus récente, la semaine dernière près de Vitré (35) : « Un homme voulait se suicider et menaçait de faire exploser tout un quartier avec une bouteille de gaz. La négociation a duré plus de deux heures avant qu'on arrive à le maîtriser ».

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