mardi 4 mars 2014

UNE MERE LANCE UNE PETITION POUR METTRE FIN AUX SUICIDES DES POLICIERS

Pétition de Patricia cordier, Dieppe, France
"Manuel Valls, agissez pour stopper les suicides des policiers

Mon fils David était gardien de la paix. Un vendredi soir, en quittant le commissariat, il s'est suicidé avec son arme de service.

David était dépressif. Il avait fait plusieurs tentatives de suicide. Etre policier dans la ville où il est né, Dieppe, n'était pas facile. Il me disait avoir souvent peur des représailles.

Après deux mois d'arrêt dus à sa dépression, il a repris le travail et on l'a réarmé après quelques jours, car il disait "qu'il allait bien". En fait, mon fils voulait seulement récupérer son arme pour mettre fin à sa souffrance.

Depuis 5 ans, ma douleur et ma tristesse ne me quittent pas. Mais je ne veux pas laisser le chagrin prendre le dessus : j'ai décidé d'utiliser ma peine pour trouver la force de mener un combat pour que plus jamais cela ne se reproduise.

J'ai lancé une pétition sur Change.org pour demander au Ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, de prendre des mesures fortes pour mettre fin aux suicide des policiers, des drames encore trop fréquents.

L'histoire de David n'est malheureusement pas un cas isolé. En moyenne, chaque année, 42 policiers mettent fin à leurs jours en France. Nombreux sont ceux qui utilisent leur arme de service pour cela.

Face à cette situation, les moyens pour prévenir ces suicides sont dérisoires : le suivi psychologique de l'ensemble des gardiens de la paix est assuré par seulement 60 personnes sur tout le territoire. Il n'existe pas de groupe de parole régulier dans les commissariats ou les casernes et surtout, les psychologues qui décident de réarmer ou non les policiers n'ont même pas accès aux dossiers de leurs patients. Ils ne se basent que sur ce que ceux-ci leur disent. Dans le cas de David, cette décision a été fatale.

Les gouvernements successifs ont tenté de faire bonne figure face à cette situation, en produisant rapport sur rapport sur les causes des suicides et sur leur prévention. Mais jusqu'ici, aucune mesure forte n'a été mise en place. Il faut agir, et vite.

La perte de mon fils a été une rude épreuve. Et aujourd'hui je dois mener plusieurs combats de front. Peu après le départ de David, on m'a diagnostiqué un cancer qui m'affaiblit de plus en plus. Je n'ai qu'un souhait, faire aboutir cette pétition avant que je n'ai plus la force de me battre, au nom de toutes les familles qui ont perdu leur enfant comme moi.

Patricia Cordier.

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