jeudi 6 mars 2014

CANADA : 2 actions de campagne de prévention “T’es important pour nous. Le suicide n’est pas une option.” et "Solidaires pour la vie"

Deux exemples d'actions de campagne de prévention au canada, l'approche de la prevention du suicide par les proches " “T’es important pour nous. Le suicide n’est pas une option.” et l'intervention en milieu scolaire pour démystifier la santé mentale : programme Solidaires pour la vie (SPLV)


Prévention du suicide
Publié le 04 mars 2014 http://www.journalacces.ca/Actualite/2014-03-04/article-3634197/Prevention-du-suicide/1

Quoi faire pour nos proches?
Nathalie Nolin, collaboration spéciale

Certains événements peuvent être imprévisibles. Malgré tout, lorsqu’une personne a décidé de passer à l’acte et de mettre fin à sa vie, ses proches vous diront qu’ils auraient tant souhaité pouvoir intervenir avant le drame.

Des signes précurseurs

Habituellement, les personnes qui vivent une grande détresse psychologique changeront de comportement. Cela peut se manifester de différentes façons. «Si la personne ne sort plus de chez elle, se replie sur elle-même, ne se lave plus, se nourrit à peine, on peut s’interroger sur son état d’esprit», explique Joanne Laurier, responsable des services de réadaptation en santé mentale et dépendances au Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Saint-Jérôme. En fait, tout changement majeur dans le comportement ou les habitudes de vie de quelqu’un devrait semer le doute. On doit se préoccuper de cette personne.

Intervenir ou non?

Dans le doute, il vaut mieux agir que de se dire qu’on aurait dû faire quelque chose. «As-tu des idées noires? As-tu pensé à mourir?» sont des questions qui se posent. «Les gens trouvent cela parfois intrusif. Mais il faut défaire ce tabou, souligne Mme Laurier. Et même si la personne n’a pas un plan précis pour passer à l’acte, on doit être sensible à des phrases qui démontrent une grande perte d’intérêt à la vie.»

Si vous constatez que la personne est en détresse et a besoin d’aide, vous pouvez l’inviter à contacter le Centre de prévention du suicide le Faubourg, organisme qui détient l’expertise de l’intervention rapide par téléphone.

(1-866-APPELLE, 24 h/24h). Vous pouvez aussi lui proposer de contacter les services psychosociaux du CSSS de Saint-Jérôme offerts au CLSC, situé au 1000 Labelle. (Accueil psychosocial 7 jours sur 7 au 450 432-2777 poste 26459, jeunesse: poste 25404, infos sur le site Web www.cdsj.org) Le CSSS de Saint-

Jérôme offre gratuitement différents services pour les personnes qui ont des idées suicidaires, ou qui sont en situation de crise. Notons entre autres l’intervention dans le milieu de vie, les interventions individuelles et continues et l’orientation vers des services appropriés dans la communauté.

Alberte Gallant, travailleuse sociale au CSSS de Saint-Jérôme, explique que la détresse est grande aussi chez les proches qui vont repérer la situation. «Parfois on ne veut pas entendre la réponse au sujet des idées suicidaires de notre conjoint ou de notre adolescent. C’est paniquant si la personne répond positivement et, dans ce cas, on ne sait pas comment intervenir. La douleur dépasse parfois nos ressources», fait remarquer Mme Gallant.

Les services du Centre de prévention du suicide le Faubourg et ceux du CSSS de Saint-Jérôme sont aussi disponibles pour les proches ou la personne témoin de l’individu suicidaire. Au fond, le message à passer à la personne de notre entourage dont le comportement nous inquiète, c’est de lui signifier qu’elle est importante pour nous et que nous nous préoccupons d’elle. «Même s’il s’agit simplement d’une voisine ou d’un collègue de travail, vous pourriez être la personne qui fera une différence pour quelqu’un qui a des idées noires», soutient Mme Gallant.

L’Association québécoise de prévention du suicide a justement choisi comme slogan pour la Semaine nationale de la prévention du suicide qui se déroule du 2 au 8 février: “T’es important pour nous. Le suicide n’est pas une option.”


Nathalie Nolin est chef du service des communications au Centre de santé et de services sociaux de Saint-Jérôme.
Organisations: Centre de prévention du suicide, CLSC, Association québécoise de prévention du suicide
Lieux géographiques: Saint-Jérôme



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Démystifier la maladie mentale pour sauver des vies : un atelier gratuit pour les écoles secondaires
Collaboration spéciale, publié le 4 mars 2014sur http://www.infobourg.com/2014/03/04/demystifier-la-maladie-mentale-pour-sauver-des-vies/

par Marisol Houle, Fondation des maladies mentales

Depuis la rentrée scolaire, 10 animateurs du programme Solidaires pour la vie (SPLV) de la Fondation des maladies mentales sillonnent le Québec à la rencontre de classes du secondaire. Ils parlent notamment de dépression afin de prévenir le suicide chez les jeunes, tout en démystifiant la maladie mentale.

« On aime dire qu’on est comme des rock stars, on a la chance de se promener partout au Québec, mais on mange de la bouffe de cafétéria pis on dort dans des motels. »

Depuis la rentrée scolaire en septembre, Maxime Caron, tout comme neuf autres animateurs du programme Solidaires pour la vie (SPLV) de la Fondation des maladies mentales, sillonne le territoire du Québec pour parler aux jeunes. Leurs objectifs : parler de la dépression dans les salles de classe au secondaire afin de prévenir le suicide chez les jeunes tout en démystifiant la maladie mentale et tenter de réduire les tabous entourant celle-ci.

Le programme Solidaires pour la vie de la Fondation des maladies mentales a vu le jour en 1998 suite à une terrible tragédie : cinq adolescents se sont suicidés dans la région de l’Estrie, entre novembre 1996 et mars 1997. Selon l’enquête du coroner, le seul lien qui existait entre ces jeunes était qu’ils souffraient tous d’une dépression non diagnostiquée qui a mené à leur acte suicidaire. À la suite de cet événement et en accord avec sa mission de prévention, la Fondation a décidé d’agir et de faire connaître à la population le lien entre le suicide et la maladie mentale afin de sensibiliser les jeunes et les adultes de leur entourage à la dépression et de travailler en amont de la problématique du suicide chez les jeunes.

Solidaires pour la vie est un programme de sensibilisation qui vise, d’une part, à apprendre aux adolescents de 14 ans et plus, aux parents, aux enseignants et aux professionnels de la santé à reconnaître les signes et les symptômes de la dépression et, d’autre part, à amener ces individus à référer une personne en détresse aux ressources compétentes dans le but de tenter de résoudre en amont la problématique du suicide et du décrochage scolaire. Depuis sa mise sur pied, le programme a permis de rencontrer près de 870 000 jeunes.

Le programme bilingue est offert gratuitement dans les établissements scolaires par une équipe de jeunes animateurs dynamiques Les animations de 50 à 75 minutes proposent diverses notions théoriques sur les maladies mentales, des mises en situation, des outils de dépistage, des conseils ainsi que des ressources.

Lors de chaque visite en milieu scolaire, les animateurs de Solidaires pour la vie travaillent en amont de la problématique du suicide, puisqu’il est prouvé qu’un dépistage précoce de la dépression permet de réduire les conséquences néfastes. Selon le Réseau québécois de recherche sur le suicide, le programme et les animations de Maxime et de ses collègues sont reconnus comme ayant contribué à la réduction de 65 % du taux de suicide chez les jeunes au Québec au cours de la dernière décennie.

Demain, une entrevue avec l’animateur Maxime Caron permettra de voir concrètement comment se passent ces ateliers et quelles sont leurs retombées possibles.

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