jeudi 13 mars 2014

AUTOUR DE LA QUESTION DIFFUSION Documentaire : De l'ombre à la lumière Paroles de bipolaires 18 mars 2014

France5 18 mars 2014 à 20H 35. Documentaire : De l'ombre à la lumière Paroles de bipolaires
De l'ombre à la lumière Paroles de bipolaires


Mardi 18 mars 2014 à 20.35
Le Monde en face
De l'ombre à la lumière
Paroles de bipolaires


Diagnostiquée en 2010, Marianne raconte des moments d'intense souffrance.


Au travers de témoignages de malades, dont le peintre Gérard Garouste, ce documentaire lève le voile sur une affection encore mal connue, pourtant fréquente et très invalidante. Rencontre avec des bipolaires qui racontent leur mal de vivre.


« La première fois que je me suis retrouvée tétanisée, c’était dans un supermarché. […] Je suis arrivée devant le rayon charcuterie et je ne pouvais rien acheter. […] Impossible de choisir, impossible de dépenser de l’argent aussi ; alors que je ne suis pas particulièrement radine, je me voyais ruinée. […] Là ont commencé quinze jours horribles où je ne dormais plus, j’étais dans une insomnie totale, dans l’obsession de choses sans importance qui prenaient des proportions totalement délirantes la nuit, et là je me suis dit : je deviens folle. » L’architecte et décoratrice Marianne Colombani, 51 ans, a ressenti les premiers symptômes de la maladie lors d’une simple course.
Denise Mignot, une retraitée de 67 ans, se souvient, elle, de se « retrouver en dépression à l’âge de 10 ans, à la suite d’un déménagement. […] Si je pleurais chez moi, c’était la catastrophe, mon père ne comprenait pas et pouvait être violent, [alors] j’allais sur un banc et là je pouvais pleurer pendant des heures ».
Marianne et Denise font partie des 600 000 Français atteints d’une affection autrefois appelée psychose maniaco-dépressive

De l’exaltation à la dépression

Connue aujourd’hui sous le nom de trouble bipolaire, la maladie se caractérise, selon le Dr Christian Gay, psychiatre, « par une évolution très particulière avec des montées et des descentes un peu comme une balançoire ».
Pendant les périodes « hautes », les symptômes sont spectaculaires : hyperactivité, hypersexualité, achats compulsifs… Le photographe Yann Layma a ainsi acquis « des milliers de choses, des bibelots, des tableaux par centaines… », tandis que Denise jetait son dévolu sur les livres : « Dès que j’entrais dans une librairie, je ne me contrôlais plus. »
Nadège Langlois, une coiffeuse de 46 ans, réveillait ses filles à 4 heures du matin pour faire du karaoké. Diagnostiquée en 2010, Marianne met l’accent sur la créativité : « D’un coup, mon cerveau devient comme un puzzle qui s’imbrique » et la sexualité : « C’est complètement différent, on se fond, je suis la continuité du corps de l’homme. » Pour Gérard Garouste, bipolaire depuis quarante ans, la phase maniaque s’exprimait par des délires qui l’amenaient à faire des choses aussi insensées que de rechercher sa propre tombe dans un cimetière…
A la période d’exaltation succède celle de la dépression, dont le stade le plus sévère est la mélancolie profonde avec, comme l’explique le Dr Gay, « des idées d’indignité, de ruine, de culpabilité, de dévalorisation, et un risque suicidaire important ».
Ce mal-être ravageur, Yann le connaît bien : « Je ne souhaite à personne d’avoir cette perception terrible qui est la mort permanente, la mort dans les idées à chaque instant. […] En 2005, et pourtant j’avais tout pour être heureux, j’ai eu des hallucinations suicidaires tellement fortes que je m’attachais avec une ceinture au fond de ma baignoire […] pour ne pas me jeter par la fenêtre, me pendre… je me disais que la vie, c’est une seconde après une seconde… ça a mis trois semaines à passer. » Alternant phases de manie et phases de dépression, le trouble bipolaire est une affection très invalidante.
Aujourd’hui, un médicament régulateur de l’humeur, le lithium, permet de soigner et de stabiliser un malade sur deux.

En plateau

Après la diffusion du documentaire, Carole Gaessler recevra le Dr Florian Ferreri, psychiatre, spécialiste des troubles bipolaires à l'hôpital Saint-Antoine (Paris), et Philippe Charrier, président fondateur de Clubhouse France et président de l'Unafam.

Mardi 18 mars 2014 à 20.35

http://www.france5.fr/et-vous/France-5-et-vous/Les-programmes/LE-MAG-N-12-2014/articles/p-19921-De-l-ombre-a-la-lumiere-Paroles-de-bipolaires.htm

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