lundi 3 février 2014

ALGERIE ORAN Le phénomène du suicide

01-02-2014 Oran
Le phénomène du suicide prend de l'ampleur
http://www.letempsdz.com/content/view/114567/1/

Quatorze personnes ont recouru à l'acte extrême, en se donnant la mort au cours de l'année 2013 à Oran. Les chiffres confirmés par la direction du centre hospitalo-universitaire révèlent également que le nombre des tentatives se compte par centaines et que le phénomène n'épargne aujourd'hui aucune couche ou catégorie sociale.
Parmi ces 14 personnes, figurent onze hommes et trois femmes. Les moyens de suicide qui prédominent sont la pendaison et la précipitation dans le vide du haut de balcons ou d'ouvrages d'art.
Le bilan révélé également qu'aucun cas de suicide par immolation par le feu par le feu n'a été enregistré en 2013 par les services du CHUO. Concernant les tentatives avortées, les mêmes services notent que le moyen utilisé en général est l'absorption de produits caustiques (médicaments, détergents, raticides, etc.).
Désespoir, conditions sociales difficiles, déception affective, semblent pousser ces jeunes à commettre l'irréparable.
La majorité des candidats au suicide se recrutent parmi la gent féminine. Une enquête menée par le Crasc sur un échantillon de 400 patients accueillis au service des urgences médico-chirurgicales (UMC) de l'hôpital d'Oran avait révélé que 17,3% des femmes justifient leur acte, contre seulement 12% des hommes.
Les personnes âgées entre 16 et 30 présentent le plus gros chiffre des candidats au suicide. Le sentiment de solitude, les conditions sociales et l'incompréhension de l'entourage ont poussé ces personnes à recourir à l'acte fatal.
Les spécialistes mettent en cause l'évolution sévère de la famille algérienne, due essentiellement aux facteurs socioéconomiques, qui a laissé des séquelles apparentes sur la structure de la société.
Les effets de ces changements ont été accentués par les affres du terrorisme qui ont profondément traumatisé la société toute entière.
D'autres problèmes sociaux, tels que la crise du logement, le chômage, le vide culturel, les problèmes relationnels, les échecs scolaires, la drogue et l'oisiveté, sont venus se greffer à cette situation de violence.
Ces différents facteurs ont lourdement influé les individus. Environ 10 000 personnes tentent de se suicider chaque année en Algérie, dont un millier environ réussit malheureusement leur acte.
Il y a quelques mois, l'initiative d'impliquer la mosquée dans la lutte contre le phénomène avait permis aux imams de prodiguer des prêches de sensibilisation, destinés notamment aux jeunes.
La campagne, même si elle n'a pas eu, selon des spécialistes, l'impact voulu, a tout de même permis de prendre conscience de la gravité du phénomène qui a explosé ces dernières années en Algérie. Force est de constater qu'à ce jour, l'absence de structures d'écoute en Algérie a rendu difficile la lutte contre le suicide.
Il y a quelques années, les directions de la jeunesse et des sports avaient mis en place un numéro vert pour offrir une écoute aux jeunes gagnés par le désespoir. L'initiative avait buté sur des considérations administratives.
Les psychologues sollicités pour offrir leurs services aux jeunes en détresse, ne pouvaient aller au-delà des horaires d'ouverture de l'administration.
L'écoute n'était assurée que de 9 à 16 heures ; passé cet horaire, les candidats au suicide pouvait se donner la mort à leur guise.
F. Ben

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