vendredi 17 janvier 2014

CANADA : Un questionnaire en ligne pour aider les jeunes d'Ottawa

Un questionnaire en ligne pour aider les jeunes d'Ottawa touchés par la maladie mentale

Le journaliste Gilles Taillon a assisté au forum sur la prévention du suicide à Ottawa.
Des chercheurs d'Ottawa ont présenté, jeudi, les résultats de leurs travaux lors d'un forum portant sur la prévention du suicide. Les intervenants ont reconnu la nécessité de mieux aider les jeunes patients ayant des problèmes de santé mentale.
D'après Statistique Canada, 202 personnes âgées de 15 à 19 ans se sont suicidées en 2009 au pays, ce qui représente presque un quart (23 %) de tous les décès dans ce groupe d'âge.
L'épidémiologiste de Santé publique Ottawa, Jacqueline Willmore, a rappelé que le suicide est la seconde cause de décès auprès des 15 à 34 ans dans la capitale nationale. Seuls les accidents de la route causent plus de victimes dans cette tranche d'âge.
De plus, le nombre de suicides par année a augmenté de 2003 à 2012.
À cela s'ajoute le fait qu'un nombre croissant de jeunes qui se retrouvent aux urgences des hôpitaux doivent composer avec des problèmes de santé mentale. Le personnel médical est cependant mal outillé pour traiter cette clientèle.
Un nouvel outil sur Internet
Il y a toutefois des avancées. Ainsi, un tout premier outil pour évaluer le risque de suicide chez les jeunes sera bientôt testé dans des hôpitaux de la capitale nationale, dont le Centre pour enfants de l'est de l'Ontario (CHEO).
Le directeur de la santé mentale du CHEO, le Dr Mario Cappelli, a aidé à concevoir cet outil en ligne. Ce dernier consiste en un questionnaire permettant de mieux connaître le comportement du jeune patient, ce qu'il ressent et ses antécédents.
Le Dr Cappelli aimerait que ce questionnaire soit utilisé dans tous les hôpitaux au pays, voire de la planète.
D'après CBC


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INFO +
Voir présentation du projet lors de la CMHO Conference, Monday, Nov. 18, 2013 (auteurs Joanne Lowe, Youth Services Bureau, Co-Chair Commun ity Suicide Prevention Network, Andrea Poncia, Coordinator, Community Suicide Prevention Network Ben Leikin, Ottawa Public Health, Co-Chair Ottawa Suicide Prevention Coalition, Mario Cappelli, CHEO, Chair Research Action Area, Community Suicide Prevention Network
 http://www.kidsmentalhealth.ca/documents/mp12_lessons_learned_in_the_initiation_of_the_community_suicide_prevention_network_in_ottawa.pdf

- Risques Suicidaires outil d'évaluation :
Le Heads-ED permet aux médecins de prendre une histoire psycho-sociale qui aide aux décisions concernant la disposition des patients. C'est un outil d'évaluation validé qui le rend facile pour les médecins à identifier les enfants / jeunes ayant des problèmes de santé mentale, ainsi que trouver de l'aide et des ressources locales.  LE site internet : http://www.heads-ed.com/en/headsed/ 



AUTRE ARTICLE SUR LE SUJET
Publié le 17 janvier 2014 

Un projet-pilote pour prévenir le suicide sur http://www.lapresse.ca/le-droit/actualites/sante/201401/16/01-4729588-un-projet-pilote-pour-prevenir-le-suicide-.php

Les experts s'entendent sur l'importance d'accorder un meilleur soutien aux adolescents en détresse.
Courtoisie

Une meilleure collaboration des intervenants en matière de santé mentale et de la communauté pourrait réduire les suicides de 20 % d'ici 2020 dans la capitale nationale, estime un chercheur de l'Université d'Ottawa.
« Les systèmes en place n'encouragent pas les intervenants à travailler ensemble. Même dans le réseau de la santé, on se perçoit comme rivaux d'un hôpital à un autre. Les ressources sont abondantes à Ottawa. Là n'est pas le problème. Le problème est qu'il n'existe aucune collaboration », se désole Simon Hatcher, professeur titulaire du Département de psychiatrie de l'Université d'Ottawa.
Le clinicien est l'un des experts qui ont présenté leurs travaux, hier, lors d'un forum réunissant quelque 110 personnes de divers domaines et portant sur la prévention du suicide. Tous ont reconnu l'importance d'accorder un meilleur soutien aux adolescents en détresse.
« Ça fait longtemps que les gens s'attardent au suicide, mais chacun travaille en silo. Il n'y avait pas de réseau. Aujourd'hui, nous cherchons à créer ce réseau avec des conseils scolaires, les hôpitaux, des services d'urgence et pour la première fois, des chercheurs. Leurs recherches nous suggèrent que c'est vraiment la seule façon d'agir », soutient Ian Manion, directeur général du Centre d'excellence de l'Ontario en santé mentale des enfants et des adolescents.
« Ce n'est pas le travail d'un chercheur, d'un fournisseur de service, d'un programme pour jeunes qui fera une différence. C'est plutôt toute la communauté qui doit intervenir afin de changer les stratégies pour la prévention, la gestion de risque et pour adopter une façon différente de travailler à la longue », ajoute-t-il.
Réduction de 20 %
C'est exactement ce que propose la « vision 20/20 » du Dr Hatcher, une stratégie qui n'est pas, en fait, si originale. Du moins en Amérique du Nord.
Le chercheur explique qu'une intervention multidisciplinaire a été testée en Allemagne au début des années 2000. Deux villes, Nuremberg et Wuerzburg, ont participé à l'étude. En deux ans, le taux de suicide a diminué de 25 % dans la première ville après une meilleure intégration des intervenants, tandis qu'il est resté inchangé dans la deuxième.
« En fait, la réduction de 20 % d'ici 2020 à Ottawa est modeste. Elle pourrait être encore plus grande, croit le Dr Hatcher. Une telle stratégie n'a jamais été mise en oeuvre en Amérique du Nord ou dans une ville de la grandeur d'Ottawa. Mais c'est un endroit idéal en raison de sa diversité. Nos résultats nous permettront ensuite d'exporter la stratégie ailleurs au Canada. »
Ottawa se situe dans la moyenne nationale au chapitre des suicides, tant chez les adultes que les jeunes. Selon Statistique Canada, 227 adolescents, âgés de 10 à 19 ans, se sont enlevés la vie en 2009. Les totaux sont similaires pour les années précédentes. Le suicide se classe au deuxième rang des causes d'un décès chez les jeunes. Il arrive après les accidents de tous genres, mais précède ceux causés par les maladies.
Afin de renverser la vapeur, des fonds devront être investis pour lancer la « vision 20/20 » à Ottawa. Mais pas n'importe comment, note des experts.
« Il faut trouver un moyen de financer une telle stratégie. C'est au sommet de notre liste de priorité. Il nous faudra une variété de fonds, et non seulement ceux versés pour les recherches cliniques. Il faudra des sommes des universités, de la communauté, des entreprises privées et même des contributions en services », affirme Mario Cappelli, directeur de la recherche en santé mentale au Centre hospitalier pour enfants de l'Est de l'Ontario. « Toutefois, s'il y a une communauté au Canada qui peut implémenter une telle initiative, c'est bien nous. »

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