mardi 8 octobre 2013

PRESSE Sur la question du suicide dans la police nationale


Indre-et-Loire - Le Liège, Loches - Un taux de suicide tristement élevé
Le Courbat est le seul centre de soins du pays pour 143.500 policiers. Est-ce à la hauteur des enjeux ? Le directeur général de la police nationale (DGPN) Claude Baland parle des « pôles de vigilance » qu'il a mis en place au début de l'année dans chaque département pour prévenir les suicides. Un problème crucial dans une institution qui affiche un taux de suicide de 36 % supérieur au reste de la population : 42 agents mettent fin à leurs jours chaque année en moyenne. Mais pour le DGPN, « ce n'est pas parce que les motifs de suicide seraient plus nombreux dans la police. C'est une question de facilité du passage à l'acte avec l'arme de service. » Sans doute. Mais le ministère de l'Intérieur, qui ne verse aucune subvention au centre du Courbat (*), a-t-il assez de moyens financiers contre la souffrance des policiers ? « Je ne pense pas que ce soit le déterminant principal », conclut le grand patron de la police.
(*) Si ce n'est quelques mises à disposition de personnel.
Indre-et-Loire - Le Liège, Loches - Social

Le patron de la police peut-il soigner ses troupes ?

Claude Baland, patron de la police (à droite, accoudé à la pancarte) est venu hier au Courbat. Claude Baland, patron de la police (à droite, accoudé à la pancarte) est venu hier au Courbat.
Le centre du Courbat, au Liège, accueille des policiers en souffrance. Hier, le directeur général de la police nationale l’a visité. Une première.


Le symbole est fort. Il y a eu, en juillet, la première venue d'un ministre de l'Intérieur avec le déplacement de Manuel Valls (*) au Courbat. Hier, l'établissement du Liège, dédié aux policiers en souffrance, a accueilli cette fois le directeur général de la police nationale (DGPN). Là encore, ce n'était jamais arrivé depuis la création du centre de soins en 1952. Dans une police confrontée aux rudesses de la société, le mal-être au travail reste souvent difficile à évoquer.
Pendant deux heures, le DGPN Claude Baland a tenu à entendre ces agents fragilisés. Plusieurs d'entre eux ont abordé les préjugés dont continuent de pâtir les policiers après un passage dans le foyer. « On vous colle une étiquette dans le dos quand vous reprenez le travail. On vous considère comme un bon à rien, un alcoolique… Ce serait bien que la hiérarchie policière ait des stages » de sensibilisation, souligne une patiente. En réponse, Claude Baland a martelé que « Le Courbat est un établissement qui fait honneur à la police nationale. »
Ne pourrait-on pas insister sur un management plus humain dans la formation de la hiérarchie, ont également demandé plusieurs intervenants ? « Quand ils sortent des écoles, ils ne savent pas ce qu'est notre travail. Ils n'ont pas appris à la base », témoigne un homme venu reprendre des forces au Courbat.
" Attentif à celui qui s'isole "
Pour les écouter, Claude Baland n'est pas venu seul. Le médecin-chef de la police nationale, le Dr Claude Gonzalez, l'a accompagné. Le symbole est fort, oui, mais la réponse moins nette. D'ailleurs, le grand patron des policiers l'a reconnu lui-même : il ne sait pas si la formation de ses troupes comprend ce volet psychologique. Il va le vérifier.
Il a plaidé en faveur d'un management « plus humain, plus social », parlant de son « impression que la police a toujours un management un peu rugueux. Peut-être la hiérarchie se dit-elle qu'elle n'a pas le temps, ou que cela serait de la sensiblerie. Mais il faut améliorer le management, qu'il soit plus attentif à celui qui ne va pas bien, qui s'isole. » Comment ? « Cela ne se règle pas avec une circulaire. » Oui, le symbole est fort, mais la concrétisation paraît moins évidente.
 (*) Lire NR du 20 juillet.

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