vendredi 16 août 2013

CHINE ARTICLES PRESSE SUR LA SOLITUDE ET SOUFFRANCES DES PERSONNES AGEES COMME PROBLEME DE SOCIETE

En Chine, une loi oblige les enfants à rendre visite à leurs parents âgés

Des personnes âgées réunies dans un parc de Pékin, le mois dernier.
Pékin espère faire face au problème de la solitude des seniors, qui représentent une part de plus en plus importante de la société.
Source lefigaro.fr http://www.lefigaro.fr/international/2013/07/01/01003-20130701ARTFIG00555-en-chine-une-loi-oblige-les-enfants-a-rendre-visite-a-leurs-parents-ages.php?cmtpage=0

A partir de maintenant, tous les Chinois doivent rendre visite à leurs parents âgés régulièrement, ou au moins rester en contact avec eux. Ceci n'est pas un vœu pieux. «C'est la loi», comme l'intime un article du Shanghai Daily. Une version révisée de la «loi pour la protection des droits et des intérêts des plus âgés» est en effet entrée en application ce lundi: elle contraint les proches à répondre aux besoins quotidiens, financiers et spirituels des plus de 60 ans. Elle oblige aussi ceux qui vivent séparés de ces derniers à venir les voir de manière fréquente, sans quoi ils risquent une amende, voire la prison. Avec cette loi, les employeurs doivent également permettre l'absence de salariés qui auraient besoin de remplir leur devoir envers les proches dont ils s'occupent, selon l'agence officielle chinoise Xinhua.
Des scandales de négligences à répétition
Ce texte amendé avait été adopté en décembre dernier, suite à des scandales de négligences à répétition. Car si le respect envers les personnes âgées fait partie intégrante de la culture chinoise, la modernisation de la société a entraîné une rupture du schéma familial traditionnel, désormais plus disloqué. Et les histoires tragiques se multiplient. Le site de la BBC rappelle celle d'une grand-mère de 91 ans frappée et jetée à la porte de chez elle dans la province de Jiangsu, quand elle a demandé à sa belle-fille un bol de porridge. L'an dernier, le cas d'un agriculteur qui enfermait sa mère de 100 ans dans une porcherie avait provoqué un tollé dans le pays.

Xiao Jinming, un professeur de droit qui a participé à la rédaction de la loi, indique à l'agence AP que les cas de parents poursuivant leurs enfants existaient avant cette loi; et la plupart du temps, ces différends se règlent à l'amiable.
Cette loi servirait surtout à faire passer un message, mais, en Chine, le texte passe mal: beaucoup se demandent notamment comment il pourra être appliqué, étant donné qu'il n'indique pas clairement ce que veut dire «rendre visite à un proche “régulièrement”» ni les peines réellement encourues. «Un pays impose une loi pour respecter ses parents, vraiment? C'est une insulte à la Nation», s'est ainsi insurgé un des 8 millions d'internautes qui ont commenté cette information sur Weibo, la version chinoise de Twitter, selon l'AFP. «Le gouvernement utilise des lois pour protéger les personnes âgées, mais en réalité c'est juste un moyen de tout mettre sur le dos des enfants», a commenté un autre.
Environ 185 millions de Chinois ont plus de 60 ans, et le chiffre devrait grimper jusqu'à 487 millions, soit 35% de la population, d'ici à 2053, selon des chiffres officiels. Un phénomène en partie dû à l'augmentation de l'espérance de vie et à la politique de l'enfant unique. Cette nouvelle loi met surtout en lumière l'inquiétude des autorités face à la gestion du vieillissement de la population et de la solitude des plus âgés.

Les «nids vides» causent de la souffrance à un nombre croissant de personnes âgées en Chine

Écrit par Jane Lin et Li Zhen, Epoch Times  20.03.2013 http://www.epochtimes.fr/front/13/3/19/n3508078.htm
En Chine, la famille traditionnelle était un mélange transgénérationnel qui habitait dans un même foyer, avec les enfants prenant en charge leurs parents âgés. Cela est en train de changer depuis maintenant des dizaines d’années, mais le problème atteint désormais un point critique, avec les anciens de certaines zones rurales gardant une bouteille de pesticide toute prête pour le cas où ils tomberaient malades et où il n’y aurait personne pour s’occuper d’eux.
De nos jours le vieillissement de la société chinoise, combiné à une progéniture absente, l’absence de structures sociales de prise en charge pour personnes âgées, et le manque de revenus pour la retraite, se cumulent pour donner un nombre de personnes âgées laissées à elles-mêmes qui monte en flèche. On les a surnommées les «habitants de nids vides».
Les statistiques révèlent l’envergure et l’urgence du problème. Le Comité National Chinois sur le Vieillissement déclarait à la fin de 2012 que dans l’année qui vient les plus de 60 ans d’âge dépasseront 200 millions, et d’ici 2050, environ un tiers de la population sera âgée, a rapporté l’agence d’État Xinhua.
La croissance du segment de population sénior en Chine est le double de celle des pays développés, selon un rapport de l’organe d’État People’s Daily. La proportion des personnes âgées comparée aux jeunes s’est trouvée complètement faussée par la règle de l’enfant unique, avec pour conséquences moins de jeunes et plus de vieux, par comparaison avec d’autres pays.
En 2004 il y avait 23.4 millions de gens restant dans un nid vide où les enfants, généralement partis travailler dans une autre région, n’étaient plus là pour prendre soin d’eux, déclarait Xinhua. En Janvier 2013, People’s Daily écrivit que sur les 178 millions de Chinois de plus de 60 ans, environ la moitié se retrouve seule.
Les ruraux âgés durement touchés
Jason Ma, commentateur des affaires sociales chinoises, est convaincu que le nombre des vieux abandonnés à des foyers vides dans les zones rurales pourrait s’élever à 100 millions.
Il met ce problème sur le compte de la règle de l’enfant unique imposée par le Parti Communiste. La Chine mit en œuvre la règle de l’enfant unique en 1980 et d’ici cinq à dix ans les parents de ces enfants uniques entameront leur vieillesse. «À ce moment, le taux de ‘nids vides’ en Chine rurale dépassera les 70% et aura des conséquences sociales énormes», a déclaré Ma à NTD.
Bien que 70 à 80% des Chinois âgés vivent en zone rurale, d’après Ma, prise de retraite et plans de retraite ne sont accessibles qu’aux résidents des villes. Les ruraux âgés ne sont pas intégrés dans le système existant de protection sociale. «Leurs souffrances sont invisibles à la société. Ils n’ont pas de voix et aucune perspective d’avenir», a indiqué Ma.
La recherche corrobore cette déclaration de Ma. Une étude conjointe en 2012 entre l’Ecole de Finances de l’Université Anhui de Finance et d’Economie et le Centre de Recherche pour l’Assurance et la Sécurité Sociale de l’Université ouest-méridionale de Finance et d’Economie indiquait qu’en 2010, seuls 32.17% des séniors ruraux se trouvaient couverts par une quelconque assurance-retraite.
Pendant les années qui ont vu une croissance économique annuelle de 20 à 30%, le régime a failli à mettre en place un système de sécurité sociale qui aurait pu couvrir la totalité de la population, a déclaré Ma.
Suicides
Ma nous a précisé que les nombreuses personnes âgées des zones rurales, sans le soutien du moindre système de prise en charge, n’ont d’autre choix que de mourir quand elles se voient affligées de problèmes aigus de santé. Par exemple, dans la Province de Hunan, qui est relativement aisée, bien des anciens des zones rurales mettent de côté une bouteille de pesticide prête à avaler quand ils ne pourront plus payer leurs traitements médicaux, a indiqué Ma.
Le taux de suicide parmi les Chinois âgés ruraux est cinq fois plus élevé que celui de leurs homologues urbains, selon Fei Lipeng, directeur général du Centre de Recherche et de Prévention contre le Suicide à Pékin, qui s’adressait à l’agence chinoise de presse financière Caixin en 2010.
Li Baoku, président de la Fondation Chinoise pour le Développement en faveur de la Vieillesse, indiquait que le taux de suicide parmi les séniors ruraux est de quatre à cinq fois la moyenne mondiale.
Dans la région de Jingshan, Province de Hubei, il existe même des maisons de suicide, ou caves, préparées pour ceux qui désirent se tuer. «Un grand nombre de personnes âgées malades ne voulaient pas être une charge supplémentaire pour leurs enfants, et ont choisi de mettre fin à leurs jours», a déclaré Li.
Règle de l’enfant unique
Le démographe Yi Fuxian estime qu’il y avait 218 millions de familles avec un seul enfant entre 1975 et 2010. Le recensement de 2000 a montré que, sur 10.000 nouveau-nés, 463 meurent avant l’âge de 25 ans. Ceci signifie que plus de 10 millions d’enfants uniques mourront avant d’atteindre 25 ans.
Le résultat alarmant est que: dans un futur proche, il y aura plus de 10 millions de familles sans fils ou fille adulte pour prendre soin de parents vieillissants, selon le Beijing Times
Le vieillissement rapide de la société chinoise est la résultante de la règle de l’enfant unique du Parti Communiste en application depuis plus de 30 ans, a expliqué Ma. Le nombre de nouveau-nés en Chine ne suffit plus à remplacer ceux qui meurent – chose que les planificateurs centraux du Parti n’avaient pas prévue.
De nombreux économistes pensent que la Chine aurait dû mettre fin à la règle de l’enfant unique il y a dix ans. «Si rien n’est fait pour la changer maintenant», a indiqué Ma, «les Chinois auront à affronter des conséquences désastreuses».
Version en anglais: Empty Nests Bring Pain to a Growing Number of Elderly in China


Informations signalées  14/08/2013 sur  http://cavalierandonneur.blogspot.fr/2013/08/en-chine-une-loi-oblige-les-enfants.html

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