mardi 2 juillet 2013

Profil des suicides dans un district rural au Cameroun: les systèmes de santé font-ils assez



2. Tropical Medicine and International Health – Profil des suicides dans un district rural au Cameroun: les systèmes de santé font-ils assez?

Basile Keugoung et al.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23786446
Titre original: Profile of suicide in rural Cameroon: are health systems doing enough?
Par Basile Keugoung
Objectifs : Les objectifs de cette étude sont de décrire les caractéristiques des suicides et d’évaluer la capacité des districts de santé au Cameroun à offrir les soins de santé mentale de qualité.
Méthodes : L’étude a couvert la période 1999 à 2008 et a été conduite dans le district de santé de Guidiguis qui avait une population de 145700 habitants en 2008. Les données ont été collectées en utilisant la méthode d’autopsie psychologique. Nous avons utilisé la revue documentaire des archives de l’hôpital de district, les interviews semi-structurées des membres des personnes décédées de suite de suicide, une discussion de groupes avec les membres de comité de santé et un questionnaire auprès de 15 infirmiers des centres de santé intégrés.
Résultats : Au total, 47 suicides ont été enregistrés de 1999 à 2008 dont 37 (78,7%) hommes et 10 (21,3%) femmes soit un sexe ration H/F de 3,7 et des taux de suicide qui variaient entre 0,89 à 6,54 pour 100000 habitants par an. La méthode de suicide la plus utilisée était l’ingestion d’insecticides agricoles toxiques (76,6%), suivie des pendaisons (17%), et de l’ingestion de produits toxiques non agricoles (6,4%).
Les membres de familles ont souligné que le suicide était due à une maladie chronique (31,9%), aux conflits sexuels et maritaux (25,5%), à la sorcellerie (14,9%), aux problèmes financiers (8,5%) ou à une cause inconnue (25,5%). Au total, 25 (53,2%) personnes ayant commis le suicide présentaient des symptômes en relation avec une maladie mentale mais seuls 6 personnes ont consulté dans une formation sanitaire. Mais ces personnes n’ont pas reçu des soins relatifs à la santé mentale.
Seuls 2 des 15 infirmiers étaient capables de citer au moins deux symptômes de dépression et savaient que la dépression pouvait conduire au suicide. Tous les infirmiers ont relevé qu’ils n’ont jamais reçu une formation ou une supervision en santé mentale.
Conclusion : les suicides ne sont pas des événements rares dans les zones rurales du Cameroun. La capacité des districts de santé à offrir la santé mentale de qualité est insignifiante. L’intégration des soins de santé mentale essentiels au niveau des centres de santé et de la communauté devraient être considérée comme une priorité en Afrique sub-saharienne.
source: http://www.santemondiale.org/ihpfr/2012/pis-2013-securite-maritime-dans-le-golfe-de-guinee/#sthash.EK3xyh1k.dpuf

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