samedi 27 juillet 2013

COMPLEMENT POLYNESIE FRANCAISE conférence « Surveillance et Prévention du suicide dans la région du Pacifique occidental »

Le suicide, première cause de mortalité des jeunes polynésiens

Stéphane Amadéo - SOS Suicide © Radio1A l’occasion de la conférence « Surveillance et Prévention du suicide dans la région du Pacifique occidental » organisée ces jeudi et vendredi à Tahiti, une quarantaine de professionnels de la santé du Pacifique se pencheront sur ce fléau, première cause de mortalité chez les jeunes polynésiens.
Cette préoccupation majeure sera au cœur d’une réflexion avec d’éminents spécialistes de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Stéphane Amadéo est psychiatre au centre hospitalier du Taaone et président de l’association SOS Suicide. Il nous présente les intervenants de ces journées :

SOS Suicide © DRSelon les chiffres de l’OMS, le nombre de décès dus au suicide dans le monde pourrait passer à 1 million d’ici 2020.
Sur le fenua, entre 2008 et 2010, ce sont 93 personnes en détresse qui ont mis fin à leurs jours, selon la direction de la Santé. Des chiffres en deça de la réalité pour le docteur Stéphane Amadéo et qui restent difficile à estimer.
Par ailleurs, cette conférence symbolise la prise de conscience de l’État comme du Pays invités à y participer. Une mobilisation où les nouvelles thérapies proposées selon la pathologie et les besoins des personnes dépressives doivent être harmonisées et partagées dans le tout le Pacifique. On écoute les explications de Stéphane Amadéo :

Depuis 6 ans l’association SOS Suicide a ouvert une ligne gratuite et directe le : 444 767. 500 appels sont reçus chaque année.

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Geffry Salmon à l’ouverture de la conférence « Prévention suicide »


Geffry Salmon à l’ouverture de la conférence « Prévention suicide »

Ce jeudi matin, à 8h30; s’ouvrait la conférence intitulée « Prévention du suicide et santé mental dans la région du Pacifique occidental » qui se tient dans l’enceinte de l’hôtel Méridien à Punaauia ces 25 et 26 Juillet. Le ministre Geffry Salmon représentait le président et le gouvernement.
2013-07-25-K-SUICIDE WORKSHOP - SALMON (20)
Le suicide et la santé mentale sont des problèmes majeurs de santé publique dans les pays de la région Asie/Pacifique qui subissent depuis quelques années une augmentation sensible de la morbidité et de la mortalité qui y sont directement liés.
La Polynésie française n’est hélas pas une exception, et l’un des objectifs de cette conférence sur deux jours est de mettre en œuvre et de coordonner les initiatives régionales et nationales dans ces domaines, afin d’une part de favoriser les partenariats, mais surtout d’optimiser les actions.
Geffry Salmon a pu, lors de l’ouverture de la conférence ce matin, prononcer un discours au nom du gouvernement de la Polynésie française afin de rappeler le soutien que le Pays continuera à apporter aux actions de prévention du suicide, engagées notamment par l’association SOS Suicide, mais également dans le cadre des programmes élaborés par l’Organisation Mondiale de la Santé.
2013-07-25-K-SUICIDE WORKSHOP - SALMON (85)
Le suicide reste la première cause de mortalité chez les adolescents et les jeunes adultes en Polynésie française avec 93 décès sur la période 2008-2010. Cette conférence, qui réunit des experts internationaux de la région (l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Chine, les Philippines, Tonga, Guam, la Nouvelle Calédonie ou encore la Corée du Sud sont représentés) sera l’occasion de faire un état des lieux de cette problématique et de partager les expériences et les approches.
C’est aussi l’occasion de réfléchir avec tous les partenaires, aux moyens à mettre en œuvre pour prendre en soin ces personnes qui souffrent et leur venir en aide de la façon la plus adaptée au contexte socio-culturel des Pays du Pacifique, et évidemment la plus efficace qui soit.

Le discours du ministre Geffry Salmon

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 La prise en charge des personnes suicidaires sur le fenua
La prise en charge  des personnes suicidaires sur le fenua © DR
La prise en charge des personnes suicidaires sur le fenua © DR
Le colloque portant sur la « Surveillance et Prévention du suicide dans la région Pacifique Occidentale », s’est terminé ce vendredi à Tahiti.
Alors, qu’en est-il de la prise en charge de ces personnes pour qui la vie n’a plus de sens. Quelles sont les structures et les thérapies mises en place?
Pour ce qui est du Centre hospitalier du Taaone l’unité de psychiatrie a son propre bâtiment. A l’intérieur treize lits, une équipe spécialisée et des lieux où sont proposés de nouvelles thérapies dites de « pleine conscience ».
Ergothérapie, réflexologie ou bien encore yoga et médiation corporelle. Autant de pistes pour apprendre à mieux vivre malgré son mal-être, car il ne s’agit plus seulement de traitements médicamenteux mais bien de réapprendre à se faire plaisir.
Le suivi des patients est donc un des éléments clés pour éviter de nouvelles tentatives de suicides. On écoute les précisions de Stéphane Amadéo, psychiatre au Centre hospitalier du Taaone mais également président de l’association SOS Suicide
Difficulté donc pour assurer le suivi des patient…d’où l’importance du centre de prévention du suicide installé au dispensaire de Punaauia. Celui-ci vient compléter depuis 2012, le dispositif de soin.
Souvent mieux accepté pour des personnes en souffrances sans troubles mentaux, il est pour l’instant  à l’échelle embryonnaire : une seule psychologue prend en charge, deux fois par semaine, soit des groupes de parole soit des personnes individuellement.
Les bénévoles du fare Tama Hau et de l’association SOS suicide sont, quant à eux, sur le terrain pour des actions de prévention et d’écoute. Annie Meunier, vice présidente de l’association SOS Suicide revient pour nous sur l’utilité de ces actions.

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SOCIETE

Suicide : les religions sensibilisées

Publié le samedi 27 juillet 2013 sur http://www.ladepeche.pf/article/societe/suicide-les-religions-sensibilisees

Conférence internationale de surveillance et de prévention dans la région Pacifique
Les différentes confessions religieuses du fenua ont été invitées à s’exprimer, hier, dans le cadre des ateliers rythmant, depuis jeudi, les débats de la conférence de surveillance et de prévention du suicide dans la région qui se tient à Punaauia. Si, à Guam, par exemple, ces communautés participent activement aux programmes mis en place par le gouvernement, tout reste à faire en Polynésie française. L’idée d’un comité de travail sur le sujet, qui réunirait les instances de toutes les confessions locales, a germé au terme d’un débat qui a mis tout le monde d’accord : il faut aider ces personnes en souffrance en remontant un maximum d’informations aux spécialistes de la question, les taote. Rencontre avec Frédéric Hapairai, directeur national de la communication de l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers jours.
Comment se positionne votre Église sur la question du suicide ?
"Le problème de la prévention et de la surveillance du suicide est un problème de société. La société, c’est tout le monde, y compris l’église. Dans sa présentation, le docteur venu de Guam a parlé de ce groupe de soutien mis en place au niveau du Pays pour ces personnes qui ont fait une tentative de suicide. Là-bas, et ils sont 180 000 habitants, c’est l’affaire de toute la communauté et pas seulement des spécialistes, des taote. Elle dit même que la présence des travailleurs sociaux, des membres de l’Église pourrait être un précieux soutien."

Qu’en est-il à Tahiti ?"Hélas, c’est embryonnaire. Je ne vois rien. La présidente de l’association SOS Suicide est venue me voir pour évoquer la création d’un comité interconfessionnel aux côté des spécialistes, de taote Amadeo, je suis tout à fait ouvert à cela."

Vous avez des fidèles qui confient leur malaise, vous pourriez être un relais ?"À ma connaissance, au niveau de l’église, sur nos 15 à 16 000 fidèles nous avons peut-être eu 2 ou 3 cas. Mais c’est effectivement un problème de société. Les Églises parlent de l’Évangile et l’Évangile c’est le respect, l’amour du prochain, le partage."

Dans la religion catholique, le suicide est un péché mortel ce qui peut expliquer que les gens n’en parlent pas. Qu’en est-il pour vous ?"Nous n’avons pas cette conception. Il y a plus de quarante ans, quand j’avais une quinzaine d’années, j’ai déjà entendu que quelqu’un qui s’était donné la mort par pendaison était simplement décroché et enterré dans un trou. On ne se compliquait pas la vie. Je pense qu’on a évolué dans la conception du “suicidé”. On ne parlera plus jamais comme ça. C’est une personne qui aura toujours sa dignité et qui aura des funérailles comme n’importe quelle autre personne, dans le respect et l’amour."
La problématique du suicide est-elle abordée dans votre Église ?"Oui. Dans nos conférences de jeunesse, on ouvre des ateliers où l’on peut se parler, expliquer. Il y a des groupes de personnes qui viennent en aide au niveau de l’Église."
Y a-t-il un mal être spécifique à la société polynésienne qui pourrait expliquer certains passages à l’acte au fenua ?"Je pense que les causes sont identiques quels que soient les pays. Ce n’est pas propre à la Polynésie. La drogue, l’alcool, l’isolement, les conflits parentaux, selon moi les maux sont les mêmes partout."
Propos recueillis par Raphaël Pierre

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