mardi 4 juin 2013

Articles en ligne : Sociologie : "Trente ans de solitude..." et "Enfermement et suicides..."

Trente ans de solitude... et de dépression.pdf
PAN KÉ SHON J.-L., DUTHE G., 2013, version de travail. La version finale est à paraître dans Revue française de sociologie, 54-2, 2013, pp. 225-362.
Résumé.
De 1970 à 2002, la dépression a augmenté notamment sous les effets conjugués de l’affaiblissement de l’intégration conjugale et des modifications des règles structurant l’intériorité de l’individu. L’augmentation des divers effectifs de personnes seules a cristallisé cette moindre intégration conjugale. La crise économique qui a suivi les Trente glorieuses, les injonctions sociales à être un soi distinct et performant sont intervenues simultanément, modifiant la régulation du sujet. En mobilisant les données relatives à la dépression et au suicide, en conjuguant les approches micro et macro, il est possible d’évaluer les effets de la progression des diverses catégories de personnes seules sur la dépression, de mieux appréhender l’impact des tensions liées à la crise économique des années 1980. L’examen en termes de chocs et d’état ordinaire du veuvage ou du chômage débouche sur l’hypothèse d’un modèle d’adaptation aux tensions, substituant une nouvelle normalité à l’ancienne, plutôt que sur celui d’une progression continue.


Enfermement et suicides. Approche compréhensive à partir de la dernière lettre des suicidés en prison.pdf
PAN KÉ SHON J.-L., version de travail. La version finale est à paraître dans Sociologie, n° 2 de 2013.
Résumé.
L ’analyse de la dernière lettre des suicidés en prison entre 2003 et 2010 révèle 7 types distincts de suicidés : les prisonniers «A bout» incapables de s’adapter à un univers de fortes contraintes, les «Ostracisés» discriminés par les autres détenus, les « Sortants » de prison déstabilisés par une réinsertion problématique, les « Protestataires » qui adressent leur suicide envers un système pénitentiaire ou judiciaire jugé abusif, les suicidés du type « Rupture » ne peuvent accepter la rupture sentimentale,le type « Remords » est affecté par la honte, le remords et la culpabilité, enfin, le suicide du type « Innocent » est à la fois vindicatif et représente un moyen d’échapper à l’institution carcérale ou judiciaire. D’un point de vue des théories sociologiques de la santé mentale et du suicide, les suicides en prison n’ entrent pas dans un schéma unique mais dans des schémas diversifiés qui demandent alors à réexaminer à la fois les théories et les actions préventives.

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