mardi 21 mai 2013

AUTRES PAYS : New York, on étudie l'art de la lettre de suicide

New York, on étudie l'art de la lettre de suicide
Etats-Unis ; 20 mai 2013 22:11  sur http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/A-New-York--on--tudie-l-art-de-la-lettre-de-suicide-13468507

par Guillaume Serina, Etats-Unis - Un drôle d’atelier permet aux étudiants new-yorkais d’imaginer leur lettre d’adieu. Philosophie et humour au programme.
Une école new-yorkaise a ouvert un atelier sur l’histoire des mots de suicide – et comment les rédiger. Pas forcément morbide, mais insolite. A la New School, établissement situé en plein Manhattan et connu notamment pour être le cadre des l’émission Actor’s Studio, le philosophe Simon Critchley a milité pour l’ouverture de ce cours, nous dit le New York Times.
«La lettre de suicide est émouvante, étrange (...) Et l’intérêt qu’ont les gens envers elles est limite pornographique», dit-il. Plus «amusant» encore, cet atelier fait partie d’une série de conférences et d’installations dénommée «Ecole de la mort», qui a eu lieu tout au long de l’année universitaire. Une réaction à «l’Ecole de la vie» créée à Londres, «une philosophie particulièrement nauséabonde d’auto-aide» selon Critchley.

Etudes sérieuses


«Nous ne nous moquons pas du suicide, commente le professeur de philosophie, lui-même écrivain. Nous faisons cela pour le comprendre. Et pourquoi ne pas être un peu insensible? Les gens sont terrifiés lorsqu’ils parlent de la mort». Très sérieusement, Simon Critchley estime que l’art du mot de suicide est relativement récent. Dans la période antique, inutile de laisser un mot: «On savait pourquoi la personne s’était suicidé». Alors, au fond, pourquoi laisser un mot? Les élèves s’interrogent. «Pour ne pas mourir seul, pour s’adresser à quelqu’un», relève Sara Clugage, une artiste de 33 ans. Ce à quoi lui répond un autre étudiant : «Ils sont plein de pathos. Au final, ils ne sont pas si intéressants». Pour Simon Critchley, ces lettres sont la dernière tentative, désespérée, de communiquer. «C’est un échec de communication, d’une certaine façon».
Hitler, Woolf et Cobain
La classe a étudié les mots d’adieu d’Adolf Hitler, Virginia Woolf ou encore de Kurt Cobain, le chanteur de Nirvana. Puis les élèves ont été invités à écrire leur propre lettre de suicide. «Désolé pour mon chien», dit l’une. «Ne m’enterrez pas à Los Angeles», écrit un autre. L’une des plus belles dit: «Je suis tant remplie d’amour que c’est difficile à supporter. Je n’arrive pas à trouver mon chemin. Le monde a tout faux et même si j’ai pu l’affronter, je me suis perdu». Mais la plus belle lettre d’adieu, bien réelle celle-là, est sans doute la suivante, trouvée dans une anthologie par un étudiant. «Chère Betty, je vous déteste. Avec amour, Georges».
(France USA Media)

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